dimanche 25 mars 2007

La Chartreuse en vélo

Heu hé ben ça c'est mon vélo qui prend un bon bain de neige au col du Cucheron, en Chartreuse


Hé la fois n'est plus tellement de coutume ces derniers temps, il fait beau, il y a de la neige et je ne fais pas de skirando!!

Les potes ne sont pas là pour randonner. Ben bon j'allais pas rester à me morfondre à Chambéry. J'ai besoin de ma dose de sport et d'émotions fortes de la semaine. Et finalement le choix d'aller en Chartreuse en vélo fut le meilleur pour la situation.

La Chartreuse a un énorme potentiel question vélo.

Bon, avec mon vélo 3 plateaux, un peu vieux et d'entrée de gamme, pas question de faire du pur chrono...D'ailleurs ce serait rater le spectacle que m'a offert la Chartreuse aujourd'hui...l'option cyclotouristique a été choisie avec pour programme avec un mélange de 2 cols chartrousins (plus un col mineur), une dose d'adrénaline à la descente, et de belles photos. 75km au programme, 1800m de dénivelée, et une rando avec un température toujours avoisinante de 0°c, voir en-dessous.

Bon c'est parti un peu dans la brume pour la route des Echelles, qui n'est pas d'un grand intérêt d'un point de vue vélo mais dont l'ambiance froide, sombre et cloitrée est assez saisissante. Des faux plats finaux à la con te mènent au col de Couz à 640m.

Je m'énerve avec ma selle, qui me fait mal aux fesses. Facteur d'inquiétude, coup de bol, la douleur va vite passer.

Après un petit arrêt pipi à coté du canyon de la voie sarde, je passe le tunnel dans une ambiance assez glaciale.

Et voilà le plateau de St Christophe derrière moi (creusée par de nombreuses grottes)
Le terrain devient plat et facile, c'est la partie où on avance le plus vite

Direction Saint-Laurent du Pont, dans cette verte plaine assez tranquille, en bordure occidentale de la Chartreuse dont on aperçoit le Charmant-Som au fond.

Et me voilà très rapidement au pont de Saint-Laurent (du Pont!), au dessus du Giers Mort. Le soleil illumine la Chartreuse dans une ambiance un peu congélateur en bas.

De quoi se requinquer un peu avec du lait concentré (un vrai fouetteur sportif, ça) et là c'est la plus belle étape de cette rando en vélo, les gorges du Giers Mort, en direction de Saint-Pierre de Chatreuse, le coeur du massif!


C'est une gorge spectaculaire, extrèmement encaissée et par moment un brin vertigineuse pour les néophytes. La remonter en vélo n'est pas bien difficile, et te donne le temps d'en profiter, alors qu'en bagnole sérieusement tu vois rien. Pour ce qui est des bagnoles, il y en avaient pas trop. Par chance, un feux alterné me donnait de grands moments de calmes sans bagnoles.

Voici un de ses ponts les plus spectaculaires. Bon c'est pas aussi haut que celui de Saint-Gervais mais tout aussi encaissé!

Les crêtes étaient magnifiquement saupoudrées. Une ambiance hivernale délicate, radieuse avec des lumières franches.

Une petite frayeur quand même, pour les neiges qui tombaient des arbes sur la chaussé...Saint Pierre devait être avec moi, je me suis rien pris!!
Pire encore, dans les quelques tunnels traversés dans la gorge, leur plafonds étaient truffés de pics de glace menaçants. Quelques éclats au sol en disaient long sur ce que ça donnerait si ces trucs-là me tombaient dessus! Mais bon comme je vous dit Saint Pierre de Chartreuse était avec moi.

Ha voilà le grand moment de cette gorge, le fameux pic de l'Oeillette. Un mémorable gendarme (de pierre, hein?) posé au milieu de la gorge, fier, isolent, et gentilement contourné par le route.

Une croix a été installé en haut. Après tout, nous sommes à quelques minutes de route d'un des plus célèbres couvent de France, où a été conçu la recette de la non moins célèbre liqueur.

Et le voilà le Grand Som, un des plus hauts du massif, dominant de ses hautes falaises calcaires le vallon ou se trouve les énormes batisses du couvent. J'ai une petite douleur à l'arrière du genou, il semble que mon arrêt photo au pic de l'Oeillette m'a cassé un peu le rythme ;-)

Ca y est, je suis sorti de la gorge. Et voilà que je monte à Saint Pierre par un petit coup-de-cul final pas très agréable mais au soleil. Domine, rayonnant, le célèbre Chamechaude, point culminant du massif (2062m) avec son allure en cône très caractéristique. Derrière c'est Gre!!

Voilà Saint-Pierre. La petite station qui a renouvelé son parc de remontées mécaniques récemment, au grand dam de ses opposants (il y a du pour et du contre de toute façon!!) est contente de pouvoir prolonger une saison plutôt morose. C'est une petite bourgade qui est restée typique et à l'esprit très famillial.

Allez c'est parti pour le premier col, celui du Cucheron qui fait 1140m et dont il ne reste plus que 4km de montée, certes assez raides au milieu.

Les km commencent alors à se ressentir un peu et je me mets dans le rouge pour finir c'te montée.

Et voilà le col, le temps de reprendre un peu mon souffle. La vue s'ouvre sur la vallée des Entremonts et le Granier en ligne de mire.


Super autoportrait...histoire de ne pas voir que des paysages (cela dit j'aurai aimé avoir un pose moins convenue!!) ;-)


Le très typique restaurant du col, au pied du Grand Som.

J'enfile deux barres de céréales, je me rajoute deux couches vestimentaires et c'est parti pour la descente.
J'étais un peu dans le rouge tout à l'heure et ban là je suis dans le bleu!! Ca caille! En descente de col en vélo on va quasiment aussi vite qu'en voiture (il m'est arrivé de doubler des scooters ou qu'une voiture reste tout le temps derrière moi!) alors imaginez que vous roulez en montagne hivernale avec un thermo voisin du 0°c à l'ombre des sapins, avec un peu de vent froid, sans pare brise, sans chauffage. Bah voilà vous avez compris.

Ca c'est la Dent de l'Ours. Une photo prise dans un arrêt pour me réchauffer un peu!


J'arrive très rapidement à Saint-Pierre d'Entremont, dominé par la puissante falaise de la Roche Veyrand.

En face , les sangles du Pinet sont très élégantes:

Et hop! Je passe de l'Isère (ancien Dauphiné) à la Savoie (le pays des diots). Saint-Pierre est connu pour avoir le village séparé en deux par ces départements!!

Oui c'est le Giers Vif ici qui pourtant à l'air plus mort que le Giers Mort, mais bon!

Une courte pause pour entamer le dernier col, celui du Granier, porte d'accès à Chambéry. Et c'est parti pour une nouvelle gorge réputée chez les pecheurs, puis à Entremont-le-Vieux le paysage s'ouvre.

Le Granier s'illustre.
La montée au col du Granier par ce côté reste assez facile. J'ai quelques petites crampes au début, mais je sais par expérience de la montagne qu'il ne faut s'arrêter sur la position crampogène sinon la crampe empire. Pas de souci ça n' a pas duré longtemps.


Dans les quelques lacets de la partie du haut, on voit tout le secteur des Déserts, zone très forestière,à perte de vue, et beaucoup, beaucoup d'espace!

Les dernières mètres sont plus rudes, j'en ai chié sur la dernière ligne droite, pétri d'impatience, d'en finir avec l'effort..

Victoire! Le dernier col est passé, plus de montée en perspective. Ce col je le connais tellement bien depuis que je suis à Chambéry.

Et voilà la puissante et très austère face nord du Granier. Réputé pour ses éboulements immondes dont un immense et dramatique au Moyen Age (où il s'appelait l'Apremont à l'époque). Elle menace toujours d'ailleurs, malheureusement.

Et c'est parti pour 15km de descente globalement peu sinueuse et propice à l'adrénaline. Elle fut comme un éclair dans la rando.

Et voilà, à peine quelques minutes plus tard, la verdoyante campagne et le bassin peuplé de Chambéry, dominé par la silhouette famillière de la Croix du Nivolet.

La rando est finie...Un peu exténué que je suis, quand même, sieste obligatoire avec cette impression d'avoir été saoulé par le froid et le vent des descentes. Mais quel grisement, quel plaisir de la découverte, et quel bonheur de vivre intensément sur un simple vélo à se sentir avec panache et courage dans les montagnes. C'est ça les valeurs du vélo!!

Par Nico Strider,

1 commentaire:

Anonyme a dit…

C'est marrant mais la face nord du Grenier a un petit air de face nord de l'Eiger ...manque plus que la partie sommitale à partir du deuxième névé (pour les initiés).

Hydra