samedi 6 juin 2009

Buts en cascade au pays des limaces noires !

Récit : Hydra
Photos : Pastriste & Hydra
Secteur : Arbizon ( Hautes Pyrénées)
Dernier WE du mois mai : enfin une opportunité d’aller en montagne se profile : la neige fond vite et limite le risque d’avalanches et le temps semble, enfin, orienté au beau fixe….

Nous décidons avec Pastriste de retourner du côté de l’Arbizon, où nous avions effectué l’an passé le couloir nord, en vue cette fois, de faire la « face nord » (couloir juste à côté).

Très avancé dans le piémont pyrénéen, le massif de l’Arbizon propose un accès routier facile ainsi qu’un cadre grandiose, peu fréquenté des alpinistes.

Je décolle samedi après midi de Bordeaux, après une sieste réparatrice. De son côté, Pastriste doit passer par Toulouse, pour faire du lèche vitrine. Un peu en avance, j’en profite pour regarder la seconde mi-temps de Stade Français / Perpignan, dans un troquet, à Bagnère de Bigorre, et assiste réjoui à la victoire des Catalans sur les Parisiens


Je reprends la route, après cette halte rugbystique, et arrive enfin à la Hourquette d’Ancizan (mot pyrénéen pour désigner un col). Il n’y a pas foule. En dehors de plusieurs troupeaux de vaches, il n’y a que très peu de voitures.

Comme Pastriste est un peu en retard, j’en profite pour mitrailler les sommets des parages, et surtout pour repérer un coin pour planter la tente, car en fait nous avons décidé cette fois de faire l’intégralité de la course depuis la Hourquette…


Ce n’est pas chose facile, il y a certes plein de banquette d’herbe, mais il y a aussi plein de vaches partout. Je me vois mal dormir sous une tente, bercé par le carillon incessant d’un bovidé mélomane ; ou pire encore, réveillé en pleine nuit par une vache se prenant les pieds dans les fils reliant la tente aux sardines….


Je repère de l’autre côté de la Hourquette, une cabane déserte avec un joli enclos : bingo !
C’est un super spot de bivouac. A peine rentré à la voiture pour écouter la radio, que la pluie se met à tomber. Apparemment, les vaches du coin n’aiment pas trop la flotte et se réfugient plus bas dans la forêt ; chouette, un problème en moins !

Pastriste arrive enfin. On plante dare-dare la tente et préparons la popotte. Nous discutons du programme du lendemain. Nous espérons trouver d’excellentes conditions, avec une neige portante bien tassée (et non l’infâme bouillie de l’année précédente).





Pendant que nous rangeons nos affaires, une voiture se gare près de la cabane. Une charmante ( mais je voyais mal dans le noir) jeune dame nous informe qu’il est interdit de dormir ici (sic), mais que bon pour cette nuit, ça ira..…OUF ! .....(sympas les bergers dans le coin) …




La chouette cabane et son enclos pour le bivouac




Coucher de soleil sur le Pic du Midi de Bigorre et l'Arbizon






4H00 : le réveil de Pastriste sonne.

Nous nous préparons comme un seul homme. Le petit déj vite avalé, nous attaquons le sentier 40 minutes plus tard. Ce sentier est en général un peu monotone, car pendant une heure, on ne prend aucun dénivelé. Aujourd’hui, il est parfait pour nous, pour nous échauffer. En effet, nous n’avons pas remis les pieds en montagne depuis de longs mois. Et ce n’est pas la grande forme. Nous sommes fatigués et un peu barbouillés du fait de l’altitude.

Nous arrivons au premier obstacle de la course : un torrent gaiement gonflé par la fonte effrénée des neiges. Je longe en vain vers le haut pour trouver un gué. Pastriste, plus heureux, trouve le passage, sur des pierres à demi immergées. Merci les Népal trek de nous permettre de passer le torrent les pieds au sec !






Nous arrivons ensuite à la cabane, où nous avions bivouaqué l’an passé. Nous constatons, avec bonheur, qu’il y a beaucoup moins de neige, et qu’en plus, elle porte merveilleusement bien ! C’est de bon augure.



Nous gagnons pas mal de temps sur l’approche par rapport à l’horaire de l’année précédente où nous avions brassés comme des désespérés. Le jour se lève sur une mer de nuage féerique.
Rien que pour ce moment, ça valait le coup de venir. Magie de la montagne...





Plus haut, avec le surcroît de luminosité, nous voyons enfin la face nord l’Arbizon.
Catastrophe ! La face nord est quasi sèche, c’est incroyable. Seuls quelques névés opposent une vaine résistance aux assauts du printemps. Que faire ? Se rabattre sur le couloir nord, juste à côté sur la gauche, qui à l'air en meilleure condition ? C’est une possibilité, même si nous avons déjà parcouru cette course il y a à peine un an…






En fait, nous n’avons pas trop le choix. C’est le couloir nord ou rien. Nous faisons contre mauvaise fortune bon cœur, car ce couloir nord demeure une chouette course, quand même. Premier but de la journée avec ce changement d’objectif. Cependant, nous découvrons avec stupéfaction, que ce couloir est lui aussi plutôt sec, et qu’en son milieu, la neige manque carrément....


Que faire ? Nous décidons de tenter notre chance quand même. Une fois équipés et reposés (il y en avait bien besoin), nous nous lançons dans le couloir. La neige porte bien et nous avançons vite. Vers 2400 mètres, nous arrivons dans une impasse. Le couloir vient buter sur un ressaut rocheux. De part et d’autres du couloir, des sortes de crevasses narquoises semblent attendre des alpinistes intrépides. Ambiance lugubre. Nous préférons esquiver la difficulté en contournant par la gauche. En vain, le pied dans la « rimaye », je ne puis pas chaud pour escalader un terrain mixte offrant peu de protections.




Nous décidons de forcer le passage directement dans le couloir. Pastriste s’avance prudemment sur cette langue de neige, bordée de trous et venant mourir au pied du ressaut.
La neige est particulièrement dure à cet endroit du couloir, et la pente respectable. Quel joli toboggan !

J’assure Pastriste qui s’élance prudemment sur le rocher. On dirait une sorte de gneiss métamorphique très compacte, mais je n’en suis pas sûr. Strider, es-tu là ?… Le problème est de pouvoir s’assurer. Je file mes friends à Pastriste qui n’a pas pris ses pitons, pensant que je m’en étais chargé. C’est bien dommage, car c’est un rocher à piton. Pas de béquet, pas de fissures pour coincer un malheureux friends…





Moments de flottements ! Nous décidons de faire marche arrière. J’assure Pastriste pour la redescente du toboggan. Quelle tension. Cela me rappelle la descente de l’arête de la Pointe Isabella cet été avec Annapurna…On s’en sort quand même et improvisons un conseil de guerre. Par où passer cette fois ? Au milieu : oui, ça paraît pas mal. Mais qui a assez de jus pour attaquer en tête? Personne. Si on passe quand même, par où redescendre ensuite ? Le couloir Billon ? il devrait être assez sec, forcément lui aussi ! Le couloir EST du Montfaucon ?, en théorie ça devrait passer, mais bonjour la bavante !. Que dit le temps ? de gros nuages gris nous talonnent et obscurcissent le Piémont…..




C’est décidé, nous rebroussons chemin : c’est un joli but ! Le second but de la journée !



Nous profitons de la descente pour repérer (pour l’an prochain peut être) le couloir de départ de la face nord, car c’est un joli labyrinthe ce coin. On le trouve enfin, caché derrière un éperon au pied de la splendide paroi de la face nord.




Au pied de la face nord de l'Arbizon




Une fois ce repérage effectué, nous mettons les voiles. Arrivés à la cabane, c’est la pause déséquipement. Nous sommes forcément un peu déçus. Mais contents d’être en bonne santé, tout de même. Nous constatons que pour une première course de l’année, c’était un peu ambitieux, ce programme, sans bivouac intermédiaire.




Le couloir EST de descente au niveau du Montfaucon


J’aimerais faire une petite sieste pensant que le matos sèche un peu. Mais avec le vent et le froid c’est difficile. Nous décidons de redescendre. Plus bas, un large soleil et des banquettes d’herbe fraîche offrent un spot à sieste, terrible.







Quelques minutes plus tard, nous sommes réveillés par un troupeau de randonneurs. Qu’est ce qu’ils font là à poireauter à deux mètres de nous, aussi nombreux ? Excédés par le vacarme et l’insolite de la situation, nous nous levons et repartons. Plus bas nous comprenons mieux le pourquoi du comment….tout le groupe est ralenti par le passage du fameux torrent. Mal équipés, les randonneurs ont des scrupules à marcher les pieds sous l’eau. D’où cet embouteillage en pleine montagne !

Nous patientons et franchissons le torrent dans le sens inverse. Arrivés au parking, nous fêtons dignement ces premiers buts de l’année par une bonne petite bière (une Pelforth, et oui, on ne se refuse rien)….il y a quand même un minimum de standing à respecter !





A bientôt pour de nouvelles aventures pyrénéennes!



PS : ah oui, au fait, voilà l’explication du titre par rapport aux limaces noires (il y en avait partout dans ce coin des Pyrénées).

mercredi 27 mai 2009

Rando vosgienne : un lac blanc, un lac noir...

En ce début d'après-midi, Jean Marc et moi avons rejoint les rives du Lac Blanc, perché à 1050m d'altitude, en plein coeur du massif des Vosges, au-dessus d'Orbey. Ce lac artificiel, relié au lac Noir dans les deux sens, a un niveau assez bas aujourd'hui. Prendre un peu d'altitude ne nous fera que du bien au vu de la chaleur écrasante (35° à l'ombre) dans la plaine d'Alsace. Une jolie rando consiste à faire une boucle entre les deux lacs en passant par le sommet principal, le Gazon du Faing.

La rando commence dans une sente bien tracée entre les gros blocs granitiques de la ligne de crête.


Nous dominons la cuvette du lac avec au fond le col du Calvaire (et la station du Lac Blanc)


Nous arrivons assez vite en face du morceau de choix : le superbe Rocher Hans, tout de granit taillé, comme un pilier dominant le lac, ou un chateau perché...


...avec au-dessus de nous, une forêt de chaos granitiques entremelée de végétation :


A l'aplomb du Rocher Hans, vers une petite brèche :


Il faut légèrement redescendre de l'autre côté par une vire un peu étroite pour admirer le caillou. Celui-ci est tracé de voies plutôt verticales, dalleuses, lisses en 2,3 longueurs, très réputées localement :


Jean Marc remonte à la brèche :


Nous allons suivre la crête en face, avec son sentier un peu (trop) aménagé mais pour ceux qui ont l'esprit ludique, il y a moyen de louvoyer entre les blocs :


Derrière nous, le Rocher Hans et sa voie normale, qui impose un dièdre final bien redressé :


Petite errance entre les blocs...


...pour aboutir au final à la vue la plus célèbre du Lac Blanc, grandiose :


Le Rocher Hans est surmonté d'une vierge, mais du matériel de protection du bas de la falaise sur le lac semble avoir été posé en haut par voie aérienne :


Gros ganit sur fond absorbant de lac...


...et un gendarme hérissé vers le ciel bleu...


De la crête, un paysage vosgien aimable, un peu lissé par la brume de beau temps :


La montée s'aplanit très vite pour arriver aux espaces ventés sommitaux du Gazon de Faing, perchés entre 1280 et 1300m d'altitude :


Le vent assez insistant qui nous accueille nous fait le plus grand bien, étant donné la chaleur et l'ensolleillement un peu accablants.

Sur les Vosges, les crêtes sont souvent douces, du fait de l'érosion ayant entrainée des surfaces d'aplanissement. C'est en général sur les versants que l'on trouve un caractère montagne au relief. Ici une zone humide, interdite d'accès, que longe le sentier :


Visse y reconnaîtra peut être quelques similarités avec le Forez, à la différence, que ces surfaces aplanies ne sont guère aussi continues. Le véritable sommet, peu clairement marqué, est au fond à gauche.


En face les rochers du Taubenklangfelser, qui dominent le lac des Truites (invisible d'ici) :


Plus loin, on voit le Hohneck, dont les couloirs en face nord sont encore un peu enneigés (plus pour longtemps ;-) ) :


Et à nos pieds, le village du Munster, qui a donné son nom au fromage le plus connu de la région :


Nous descendons la crête vers la Altenkraehkopft, mais arrivé à la selle entre les deux, prenons un sentier qui descend dans la forêt plein E :


Dans cette descente nous dominons la cuve assez étroite du Lac Noir :


Qui commence à apparaître au fond :


Et que voilà en contrejour, celui-ci bien plein, est vraiment beau !


Ne reste plus qu'une traversée montante à flanc pour rejoindre le Lac Blanc et la boucle est terminée! Nous profitons bien de cet air frai avant de redescendre dans la belle Alsace, engoncée dans la nappe de chaleur, mais tellement colorée et rayonnante.

Merci Jean Marc pour cette super idée!

texte et photos © Nico Strider

dimanche 10 mai 2009

Image de la forêt des Landes après la tempête de janvier







Voici quelques clichés démontrant la violence des vents lors de la tempête de janvier dernier.






Certaines parcelles de pins ont été comme bombardées, avec tous les troncs sectionnés au milieu...






Il faudra beaucoup de temps pour que tout rentre dans l'ordre

lundi 4 mai 2009

Cirque d'Anéou


Escapade pyrénéenne pour cette semaine de vacances. Invités pour le week-end du premier mai par Karen (K'ascade) et Tifred , je pensais aller grimper ou faire une belle rando. J'ai pris dans mes bagages quelques vêtements au cas ou il y aurait un peu de neige. Sage précaution: la météo de ce week-end du premier mai était assez hivernale! Le vendredi a été entièrement consacré à regarder la pluie. Mais le bulletin météo annonçait du soleil pour le samedi. Effectivement, sur le coup de midi, au dessus de 1500 m, on apercevait le ciel bleu. Et une fois arrivés au parking du Pourtalet, les sommets alentours se détachaient dans un ciel vidé de tout nuage.

Karen et Tifred se préparent pour une rando à ski, alors que Corentin et moi chaussons les raquettes. On se dirigent tous les quatre vers le col d'Anéou, et rapidement, une pause stratégique permet de répartir les victuailles dans les sacs en fonction de nos rythmes respectifs.

On laisse s'envoler les skieurs vers le Pic de Canaourouye, et attaquons un casse-croute en contemplant le pic du Midi d'Ossau qui fait sa coquette en se cachant derrière un des rares nuages.

Puis on repart raquettes au pied jusqu'au col. Pendant ce temps nos deux acolytes s'approchent de la ligne de crête.

Je laisse Corentin seul face à une barre rocheuse. Il repère quelques marmottes pendant que je pose les raquettes pour une longueur de rocher (du TF??) pour me dégourdir les doigts. Puis je le rejoins pour le retour. Nos deux skieurs nous rattrapent, on échange nos impressions sous les yeux de marmottes.

Chacun est content de son après-midi (le compte-rendu de la sortie de ski-rando est sur C2C) , une petite collation, une ou deux photos...


Retour vers le parking, et c'est là qu'on réalise à quel point le soleil était au rendez-vous!


Ecreviss'navo...

samedi 18 avril 2009

La Meije Orientale, ou comment vivre l'enfer au paradis...

La Meije. Que d'histoires entendues, que de légendes, que de ouï-dires sur l'extraordinaire beauté de cette montagne...! Vous en jugerez par vous-même, mais je n'ai pas été déçu. Mais pas du tout...!!!

A l'origine, il était question que je rejoigne avec Patrick un groupe d'amis faisant le Tour de la Meije au refuge de l'Aigle. Dans ce groupe, la très fameuse Rozenn que tout camptocampiste connait pour ses récits extraordinaires et le non moins fameux chéri-chéri immortalisé au cours des récits de madame. En fait, il se trouve qu'Agnès, l'une des personnes de ce groupe va se joindre à nous car elle a dû faire demi-tour au début du raid. C'est ainsi avec plaisir que nous sommes donc trois a endurer cette "bavante" qu'est la montée au refuge de l'Aigle. En fait, nous le saurons plus tard après quelques conversations avec des skieurs descendant l'itinéraire, le mauvais temps a contraint les autres à ne pas effectuer leur raid comme prévu. C'est bien dommage, mais la montagne est le domaine de l'incertitude, c'est elle qui dicte sa loi...

Inquiets de la pénitence qui nous attend au cours de ces 1850 mètres de dénivelé qui nous conduisent au refuge situé à 3450m d'altitude, nous attaquons néanmoins dans la bonne humeur la montée par le glacier du Tabuchet que l'on voit ci-dessous, complètement en rive droite.

Une petite demi-heure de portage en forêt, puis nous chaussons les skis.


Très rapidement, nous arrivons dans ce qui sera notre programme, des pentes toujours soutenues entre 30 et 40°. En bas, c'est plutôt un magnifique toboggan de 300m à 40°, et il est bien gelé. Deux options : mettre les crampons ou monter à skis en serrant les fesses...! Agnès opte très rapidement pour la première alors que les mâles attendent encore un peu. Seulement, il se trouve que si c'est béton à ski et qu'il ne faut absolument pas s'en mettre une, à pied le poids plume qu'est Agnès passe à travers la croûte de regel, elle s'enfonce beaucoup. Alors nous, imaginez, ce n'est pas la peine, on garde nos skis, tant pis...! En fait il n'y a pas de bonne solution, faut juste passer, c'est tout.


Beaucoup (trop) de forces sont lâchées dans ces premiers 600 mètres de dénivelé quelle que soit la solution retenue, entre l'effort physique et la tension nerveuse inhérente. Mais déjà, l'ambiance est là !


Tout le monde s'en sort et nous arrivons sur le glacier du Tabuchet. Belle bête dira-t-on...

Agnès progresse toujours rapidement en crampons, les conditions sont bien meilleures pour elle désormais. Rapidement, elle va remettre ses skis, pour le confort et la sécurité, on arrive sur glacier et la portance n'est jamais à négliger. L'itinéraire est évident, la bande de neige contre les rochers pour éviter au maximum crevasses et séracs.

Cette pente là, je crois qu'elle s'appelle "côte longue". Un nom bien choisi, car ça ne paraît pas mais là-haut, tout là-haut sur le plat, on sera quelques 1000 mètres plus haut rien que ça. D'ailleurs, pour ceux qui ne maîtrisent pas encore parfaitement l'exercice de la conversion claquée, avec une petite centaine probablement au total, le terrain d'entraînement est assez approprié !!!

Doucement mais sûrement, nous montons vers le paradis. Pas que nous soyons des gens parfait, houlà là, loin de moi cette idée...! Non, le paradis sur Terre. C'est super beau, j'oserais même dire idyllique. Voilà qui compense la fatigue et la difficulté de cette montée (faut bien ça !!!).

Là, on dirait vraiment que Patrick est dans un autre monde ! Et je ne parle pas d'état second, rôh, faut pas être mauvaise langue hein...

La reine Meije se dévoile progressivement, tant mieux, car quand on n'a plus de jambe, c'est la tête qui prend le relais. C'est qu'on en chie, je ne vais pas mentir ! Personnellement, je suis cuit à point, comme un bon steack ma fois...

Nous arrivons sur le plateau qui conduit au refuge. C'est plus cool, la pente est moins raide. Les jambes sont lourdes après 1600 mètres de dénivelé évidemment et le soleil cogne. Pour peu, je ferais bien une sieste après avoir déposé quelques saucisses sur un barbecue, là, ici même, oui oui oui...!!! Mais bon, le poids est l'ennemi du randonneur, alors ce sera pour une autre occasion ! Sachez-le, quand vous voyez les Aiguilles apparaître sur votre gauche, c'est que ça sent bon l'écurie... et le pas arrête de ralentir. On ne peut pas accélérer mais la proximité du but permet l'arrivée du 13 ème souffle !


Voilà, nous y sommes enfin ! L'Aigle, un vieux rêve de gosse, je ne suis pas déçu. On se pose, on sirote un coup, on se fait dorer la pilule et tout va bien ma fois...

La vue est somptueuse, notamment sur les Aiguilles d'Arves derrière nous (photo du bas).



La cabane au fond du jardin, pour ne pas parodier Cabrel, et le refuge dont personne ne sait trop ce qui va lui arriver. Enfin si, on le sait, mais pas la date. Y a plus de sous madame la Marquise, alors laissez-nous nos quatre planches et tout ira pour le mieux, personne ne demande rien d'autre enfin...!!!


Malheureusement, le rêve va se transformer en cauchemard. Un premier coup de fil, ça sent mauvais, très mauvais. Un second après le repas, et nos derniers espoirs sont anéantis. Nous apprenons là-haut, dans ce paradis montagnard, le décès de Sofie, emportée par une avalanche dans la région du Viso. Nous sommes abasourdis. Pourquoi elle ? Pourquoi si jeune ? Comment c'est possible ? C'est un cauchemard, on va se réveiller ! Non, malheureusement, Sofie fut emportée par sa passion, notre passion. Le ciel s'assombrit.


La décision est prise unilatéralement (j'assume, désolé Patrick) de redescendre dès le lendemain matin aux voitures sans aller au sommet. Grimper là-haut n'a plus de sens, l'envie n'est plus là, il y a des priorités. C'est une partie de nous qui s'en est allée, un grand rayon de soleil, une joie de vivre tellement intense que simplement l'aperçevoir rendait heureux. Sofie est partie bien trop tôt, comme d'autres. Il n'y a pas de justice, mais la règle du jeu est écrite dès le début et là il n'y a pas de possibilité de tricher avec le destin. Ce que nous aimons tous en montagne, c'est la liberté que l'on y retrouve, liberté de choisir ses contraintes soi-même. Là-haut nous sommes tous égaux, dame nature ne sait pas reconnaître ses plus fervents amoureux. Hommage soit rendu à Sofie. Je n'ai rentré cette sortie que pour toi, mais le coeur n'y était pas tu sais...

La montagne ne bougera pas, nous reviendrons, ou peut-être pas d'ailleurs, je n'en sais rien. Une dernière photo de la Meije Orientale de bon matin et nous descendons.


Pour ne pas déroger à ma règle et parce que je le pense évidemment encore, je souligne une fois de plus que la montagne est belle, voire même sublime. Mais elle est parfois cruelle. Pourquoi ? Une question de plus sans réponse. On a vécu l'enfer au paradis, fait chier. Pas toi Sofie évidemment, mais ce putain de destin qui frappe aveuglément, comme un con, de manière irrationnelle. Ciao Sofie, tu es au pays des anges au milieu des étoiles, mais on pensera toujours bien à toi et on t'embrasse très fort...

lundi 13 avril 2009

De la Cheminée de Cornaves au Tuc de Pourtillou, belle boucle aérienne

Pyrénées : Ariège -Haut Couserans -Vallée D'Orle :

Couloir de la Cheminée de Cornaves au Tuc de Pourtillou par les arètes et de belles Corniches .
(une rencontre avec l'équipe de Respyr et aussi un sympathique montagnol ariégeois ).

Et voilà c'est mon petit retour sur les Chamoisards...coucou à tous...il flotte j'en profite de vous faire la sortie du weekend dernier .
Belle sortie ou la vieille bande de copain c'est presque reconstitué, il manque juste Régis et Patrick L. .
Peut être une autre fois ? Mais Antoine , Pierre , Jean Pierre et Pastriste eux sont bien là.

Vu les fortes chutes de neige et le temps fort doux , seule la cheminée de Cornaves attaquant à 1575 m et débouchant au port de Cornaves 2349 m nous semble raisonnable car au dessus c'est bien chargée. Du Port il nous faudra prendre l'arête sud assez corniché pour rejoindre le sommet du Tuc de Pourtillou 2427 m. Puis suivre en descente l'arête nord bien plus large jusqu'au Port de Clot de Lac 1821 m ou passe le GR 10.





levé de soleil sur la vallée d'Orle que nous venons de traverser de nuit à la frontale, cheminant sur de nombreuses coulées d'avalanches titanesques. C'est des avalanches bulldozer printanière avec des multitudes de bloc mêlant terre et neige....pas besoin d'arva un avalanche de ce type tue de suite en broyant sa victime...aucune chance d'en réchapper...uuuh heureusement que nous sommes de nuit , le regel est presque inexistant .
Dommage pour les photos mais il faisait trop sombre encore.
Nous voyons une frontale solitaire loin au dessus de nous....c'est un ariégeois que nous suivrons dans le couloir il nous attendras à la sortie pour faire connaissance.


début du couloir. La neige récente à recouvert les coulées.



Par contre plus haut c'est un drôle de champ fait de grosses boules dures et compactes qu'il faut grimper...


Antoine perdra sont piolet sur le porte matériel de son sac Grivel et devra descendre 150 m pour le retrouver ...sécher il nous rejoindra bien plus tard à la sortie.


Derrière nous la Face Nord du Cingle (AD+) nous rappelle bien des souvenirs .
c'était en 2006 avec le guide Bernard Milian...sacré course , belle sensation, cadre splendide.




voilà la sortie au Port de Cornaves 2349 m avec votre serviteur Pastriste.



Bon à Gauche le Pic des Cingles 2582 m et sa Face Nord et le pic à droite le Mail de Bulard 2750 m avec ses redoutables couloirs mixtes. (D)



vues panoramiques depuis la sortie du couloir..la première sur le Cingles et le Bulard et au fond la Calabasse. Et vers l'Est c'est le massif du Mont Valier avec celui de Pomebrunet


La surprise du jour , venant du Tuc du Pourtillou ou ils ont bivouaqué , l'équipe du Magazine Respyr ( bien connu des Pyrénéens ) vient sur nous.
Elle est menée par Laurent Lafforgue.
Petite conversation avec Laurent Lafforgue puis ses partenaires Pascal Hottiaux et Cyril le jeunot du groupe...et je remarque que sont partenaire Pascal Hottiaux à des mini raquettes souples accroché à ses crampons Cassin...il dit que c'est pratique vu les conditions de fort enneigement...et elles se tordes et relève de l'avant pour cramponner en pointe..
Il chausse des Jorasses de Scarpa très reconnaissable par leur look unique.
Par contre j'ai oublié de lui demander si il n'avait pas des problèmes avec les snowplattes de Cassin.
J'ai divorcé d'avec les C12 en partie à cause de cela , en plus d'une trop grande largeur pour le bloc semelle arrière de mes Népal Trek Evo.
Julien l'ariégeois est là , c'est lui qui était devant nous dans la nuit avec sa frontale il était en avance car il à dormi à la cabane de la Hounta ...qui est proche du couloir mais spartiate et avec trois places.



L'équipe à Lafforgue de Respyr nous laisse ils veulent monté au Barlonguère.., nous les voyons contourner le Cornaves et sont arête Sud Est à flanc.
En fait ils sont monté par l'arête Nord/Nord-Est jusqu'au Barlonguère qu'ils ont réussi.
Info supplémentaire envoyé par mail par Laurent Lafforgue.


Le pic du Port d'Orle 2618 m et à droit le Port d'Orle 2318 m donnant en val d'Aran Catalan.


Nous suivons la trace de l'équipe de Respyr sur la corniche sud qui vas au sommet du Tuc de Pourtillou. C'est plutôt aérien et parfois nous savons plus trop si nous sommes sur l'arête ou sur une corniche.....le manche du piolet rencontrant parfois du vide.....gulps....toux nerveuse.



plusieurs pointes sont à passé, certaines très acrobatiques, car les corniches compliques la chose.

une belle corniche que voila...joli sensation ...le pic de Cornaves au fond 2756 m et puis plus haut et plus loin à droite le Barlonguère 2802 m ont une belle allure.

la suite est plus large et tout aussi esthétique.




vue est ; pomebrunet puis le Mont Valier 2838m et le col Faustin ou arrive le couloir Est du même nom.

zoom sur le Mont Valier et le col Faustin


Bivouac de Respyr en vue.

Voilà leur bivouac




Le Tuc de Pourtillou 2427 m et sont versant nord que nous avons descendu.

le long cheminement en hauteur continu vers le col du Clot du Lac.
La mer de nuage nous enserre et il fait un moins net sur les sommets.







la vue est vertigineuse car nous restons longtemps à 2000 m.
derrière le Pic d'Orle , le Pic des cingles.






Important la pause avec les pattes de coing maison de la maman à Pierre Caussé.
Un délice chaque fois....il est rien resté....miam !




vue sur la mer de nuage au font c'est sommet de la Calabasse ou nous avons planté la tente
en novembre 2008 lors des premières neiges de l'hiver avec Gilles...superbe sortie.



voila le port du clot du Lac , nous voyons la cabane qui est à coté du GR 10.



Pauvre cabane ,elle à perdu sont toit...heureusement Julien l'ariégeois nous à dit
que toute les cabanes allaient être restauré dans le cadre du nouveau parc régional...
Voila une bonne nouvelle ...je pense à la cabane du Port d'Aula qui à un gros trou dans le toit.



c'est la descente, nous voyons un peu ou nous sommes passé de nuit dans le vallon.
De belles coulée se font faite entendre lors de nôtre retour ....brrrr...


Et voilà nous sommes en bas de retour sur le sentier ,il y a plus qu'a rejoindre les voitures, j'ai un genoux en compote suite à un mauvais écart en raquette sur la neige pourri.
Nous les avons mises juste une heure en fin de journée...sur une course commencé à 5 h du matin.
C'est fini, j'espère que cette sortie Pyrénéenne vous à plus autant qu'a nous.

crédit photos : Patrick Entraygues (Pastriste )

Dernière nouvelle , Laurent Lafforgue est un lecteur des Chamoisards , après avoir vu mon petit sujet , il vient de m'envoyé un mail avec deux des photos de Pascal Hottieux de cette journée sympathique.
C'est vraiment super les rapprochements du net , il était aussi frustré que moi de ne pas avoir échangé plus ensemble :-)

Donc par amitié pour les Chamoisards dont ils apprécient le blog et pour nous faire plaisir voici deux photos faite par Pascal Hottiaux photographe de l'agence Regard d'isard.

Première photo....la fameuse corniche sur l'arête sud du Pourtillou...vu par la cordée de Respyr avant nôtre passage .


Seconde photo la monté sur l'éperon Nord/Nord Est du Cornaves afin de rejoindre le sommet du Barlonguère que l'on voit en fond ...très himalayen comme impression , pas mal pour un 2800 Pyrénéen.



Merci à eux pour ce petit geste sympathique.

vendredi 3 avril 2009

Nouvelle recrue chez les Chamoisards !!

Le petit Thomas (3,2 kg) est très fier de faire partie désormais des chamoisards depuis le 2 avril à 21h35......La traversée des Dômes de Miage, l'Aiguille du Tour et la Pointe Isabella figurent déjà dans sa liste de course...mais in utéro....

HYDRA


samedi 21 mars 2009

Le Mont Charvin : la consécration d'un cycle

Au début de la montée

Le Mont Charvin est une belle pyramide très classique de la partie Sud de la Chaîne des Aravis. Son ascension par la face Ouest, non moins classique, est une rando efficace, esthétique et une bonne initiation aux pentes raides, du très beau ski par bonnes conditions. Par analogie à sa voie normale, c'est un peu la "Grande Casse" des Aravis, en 1400m de moins, et d'autant moins engagée, moins soutenue. C'est aussi en cela que cette montagne constitue une très bonne introduction au ski-alpinisme, ses possibilités étant d'ailleurs loin de se réduire à sa seule face Ouest.


Nico Annapurna, Visse et moi, partons de la Savattaz en milieu de la matinée, laissant le temps à la face de décailler pour la descente.


Le départ, dans des landes très larges, est des plus agréables et sans longueurs fastidieuses. Il s'agit pour nous de prendre cette petite combe en face de nous, afin d'arriver sur le "plateau" au pied de la dite pyramide.


La montée très progressive nous permet de discuter bien tranquilement entre amis sur la montagne. Je commence malheureusement à retrouver les douleurs au tibia datant du Col d'Arguille, le temps de récupération entre les deux ne semble guère avoir été suffisant.

Le plateau, aux pieds des grandes pentes, nous propose une traversée assez panoramique :


En face, ce sont les "grands" 2000 des Bauges, ici le tryptique Sambuy, Arcalod et Trélod:


Arrivés non loin des Chalets d'estives du haut de Marlens, la face Ouest se dévoile, au fond de sa combe harmonieuse, avec son air de "petits grands couloirs".


En face, les Aiguilles du Mont, dans une belle lumière encore hivernale pour une mi-mars :


A l'attaque de la combe, sous la lumière rasante :


Le premier ressaut est un peu soutenu et légèrement raide, il impose quelques dévers en neige dure : mon tibia gauche me fait tellement mal dans le débattement de collier que je suis obligé de mettre les skis sur le sac pour soulager la douleur : en cramponnage latéral, le débattement est plus réduit. La neige porte plutôt bien, ça va me permettre de pouvoir aller au bout de la rando, vue la blessure, ce n'était pas gagné!

Quelques belles lumières dans ce ressaut :


La sortie de la combe, au pied de la face, est superbe, avec ce jeu de lumière :


Nico et Visse progressent vers la pente d'accès à l'épaule :


Profitant d'une petite pause, je parviens à les rejoindre (on va plus vite à ski qu'à pied, c'est effectif!!), puis je profite de la trace compactée pour suivre Nico et ne pas m'enfoncer dans la neige qui commence à transformer :


La pente avoisine bientôt les 35° -40° incitant très fortement à mettre les crampons aux pieds et les skis sur le dos. Pour ma part, la chose étant déjà faite, j'en profite pour faire quelques photos de cette belle pente :


A notre droite, le haut de la face, en cours de transformation, ne manque pas de caractère alpin :


Non sans s'enfoncer un peu dans la trace parfois, nous parvenons assez rapidement à l'épaule, pour découvrir cette très élégante arête sommitale :


Elle nous évoque de beaux souvenirs d'alpinisme avec quelques belles petites corniches :


Décidément, encore une analogie avec l'arête sommitale de la Grande Casse, on s'y croirait :


Nous arrivons au sommet de la pyramide, sous un petit vent bien froid, toujours aussi élégant, petite plateforme blanche bien aérée.

En face, dans la continuité, la Chaine des Aravis, jusqu'à son point culminant, la Pointe Percée :


Fermant l'horizon à l'Est, la puissante Chaîne cristalline du Mont Blanc:



A nos pieds, la fine et cornichée arête NE, dominant une face nord bien sauvage :



Au Sud-Est, le bassin d'Ugine et d'Albertville, puis la Lauzière et les Ecrins au fond :


Au Sud, dominant les élégantes arêtes des Aiguilles du Mont, on voit bien les Bauges, avec ses 2000 caractéristiques :


Juste en face, à l'Ouest, les spacieuses pentes de la Tournette, le sommet des annéciens :


Photos-tryptique des summiters :



Nous n'avons guère le temps de prendre un pic-nic au sommet, préférant avoir une neige suffisamment décaillée dans la pente ouest mais pas trop. Après un retour agréable sur l'arête, nous voici skis aux pieds pour l'attaque de la pente :


C'est parti! Elle est en condition excellente, presqu'un poil trop transformée, mais encore bien moquette. Le 40° passe en pur bonheur et se couche progressivement. De quoi se donner en confiance.

Visse en action :


Et au tour de Nico :


Le plateau aux pieds de la face est par contre moins jubilatoire, du fait de la lourdeur relative de la neige, transformée depuis quelques heures déjà. Arrivés aux chalets de Marlens, nous profitons de cette vue générale de l'élégante pyramide pour casser la croûte :



A l'ombre s'il vous plait!!


De quoi passer un excellent moment de convivialité!

Avant d'arriver vers le bas, dans la neige lourde des landes, on voit encore cette si belle face qui nous laissera un grand souvenir :


In fine, le Mont Charvin sera la dernière rando que j'aurai fait au départ de Chambéry, selon une formule qui date de près de 4ans, et je remercie Nico et Visse, pour cette belle consécration de fin de cycle!!....Avant que ne commence un autre cycle avec d'autres objectifs, d'autres départs, une autre formule. La vie quoi. Ce que je peux dire, c'est que je ne pouvais pas espérer mieux pour terminer en beauté et donner une conclusion à tous ces bons moments en montagne.

Cette conclusion sera aussi une ouverture, une introduction vers un autre cycle, qui reste encore à préciser! Seul l'avenir le dira.

texte et photos © Nico Strider

lundi 16 mars 2009

La Grande Valloire et le Col d'Arguille (rencontres C2Cistes à la Martinette)

Baghi à l'attaque de la (redoutable) forêt d'accès à la Grande Valloire.

Ambiance "serre naturelle" ce dimanche des rencontres C2C, avec un bon plafond, bien moisi comme un bleu de Gex, planant vers 1700-1800m...mais quelques trouées de ciel bleu laissent présager un ciel radieux en altitude. Pas de quoi démonter la motivation de nos avaleurs de dénivelée!!

Ne connaissant pas la Grande Valloire et motivé de suivre le duo de choc, je décide de rejoindre Baghi et Moon dans leur projet d'aller visiter ce secteur peu connu et pourtant aux multiples possibilités.

Au départ du Cley, il s'agit de remonter le fond du vallon, pour une piste forestière assez large à proximité du talweg. Ici c'est la "serre islandaise" et la neige en quantité ressemble à des amas de bouillasses humides!

Peu à peu, la piste cède à un fin sentier tracé la veille par la bubu's band : l'occasion pour nous de vérifier en bons inspecteurs des travaux finis les talents de traceurs de nos C2Cistes amateurs de forêts belledonniennes.

De la forêt ? Et comment ! Une trace bien vulnérable, bien raide par endroit, étroite, engoncée dans un manhattan de sapins tous plus serrés les uns que les autres!

Ca c'est une grande clairière, la toute première :


Après plus de 600m de montée, comme ça, on finit par s'y faire!! Pour rajouter au décor bien dense, nous nous faisons dévorer de plus en plus par le plafond gris, et l'humidité ambiante approche bientôt les 95% d'HR, ça devient glauque...Ambiance!


Les plus 700m de forêt avalés, nous débouchons sur des landes avec une neige bien croutée, où la brume commence à donner des signes de fatigue...Aux abords du premier chalet de la Grande Valloire (dont l'accès se mérite, vous avez compris, au moins y a pas foule c'est déjà ça), nous pouvons enfin goûter à la générosité des lumières d'altitudes...sur ce sommet, ou dirait-on cette paroi esthétique, sans nom (contreforts des Pointes de la Porte d'Eglise, pour faire simple) :


Le premier chalet de la Grande Valloire ressemble à un petit caillou perdu dans ce désert minéral :


Nous entrons dans la combe de la Grande Valloire, dans une ambiance parfois un peu vaporeuse (des volutes de brumes chinoises, le poète Li Bai y aurait vu des tas de dragons blancs enroulés dans leurs ailes diaphanes...) sous les tronches rocailleuses et assez dominatrices de la Pointe de la Grande Valloire et du Rocher d'Arguille.


Le Rocher d'Arguille...un sommet très caractéristique depuis Chambéry, avec sa masse de gneiss solidement architecturé , un des leit-motiv du Blog des Chamoisards par ailleurs :


Baghi, en forme, entreprend le contournement du Lac Blanc :


Moon, comme perdue dans les grands espaces :


Ce matin-là j'avais oublié de mettre les doubles peaux sur l'avant des tibias...Confiant, le gars. Hé bien c'est pour ma pomme, après déjà 1350m de dénivelée, ça n'a manqué de faire mal! Heureusement Moon a pu me prêter des petits protèges tibias pour limiter la casse, je la remercie!

A l'attaque du glacier d'Arguille, la pente finale :


C'est un peu le congélateur là-dedans, ça ne voit pas beaucoup le soleil. D'autant qu'un bon vent laminaire vient nous cueillir avec une insistance un peu sournoise...

Cette pente assez esthétique, de 300m de haut, inclinée progressivement entre 25 et 35° est encaissée entre deux murailles gneissiques , un peu comme un couloir, pour ne pas dire un corridor, à cette échelle:


A droite, le Rocher d'Arguille, puissant, avec, comme vous l'aurez remarqué, un petit oeil de "rouille" où la concentration en fer doit être importante :


Un peu de soleil vers la fin ne fait pas de mal après les gifles du vent du nord :


La pente vu d'en haut :


Il faut déchausser dans les derniers mètres, dans une pente bien caillouteuse (bien belledonienne quoi...), pour déboucher au col d'Arguille.

Pris en photo par Baghi, à gauche votre serviteur, et à droite Moon :

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Une bonne pause picnic bien convivial !


Votre serviteur devant ce même Rocher d'Arguille, toujours et décidément !

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Après diverses réflexions, nous décidons de faire la boucle en descendant sur la Martinette par Plagne Vaumard. Il faut dire que l'idée de descendre la forêt dans la bouillasse n'est pas non plus des plus emballantes, vous l'aurez compris !


La Plagne Vaumard, je connais bien. Si les bonnes conditions sont de mises c'est très skiant. En haut, nous trouvons d'ailleurs une bonne moquette bien conviviale. Moon s'en donne à coeur-joie :


Tiens, il y a comme un air de déjà-vu :


Baghi, dans ses oeuvres :


En bas, ça commence à sentir la polenta, vu l'horaire légèrement tardif. Il s'agit de descendre dans la soupe et défonçant les boulettes des anciennes coulées de fond :

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Pour bien faire, il aurait fallu ramener les palmes et le tuba...


Ha ça c'est typique : j'ai inventé une nouvelle technique de descente dans la soupe, que le très observateur Baghi n'a pas manqué de remarquer :

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Je compte bien la faire breveter, je l'adresse à tous ceux qui comme moi, ne savent guère skier dans la polent' profonde !!

Ha Combe Madame...tu as un beau nom...et puis tu es très belle aussi :


Et rebelotte le border cross du bas de la Combe, que Baghi torche comme un lièvre, moi j'ai quand même compté quelques "cricccccccc", et quelques "cracccc" avec les petits cailloux qui ne sont guère aussi caressants qu'une moquette!


texte et photos © Nico Strider sauf les photos * ©Arnaud Foucher.

Le col du Mouchillon (rencontres C2Cistes à la Martinette)

Le gîte de la Martinette est investi d'une grande armada de C2Cistes : c'est notre rencontre annuelle, autour de l'association et de son AG! Celle-ci va avoir lieu en fin d'après-midi et une tempête de beau temps s'abat sur les Alpes depuis jours, décidemment à chaque rencontre, nous cochons l'option "beau temps", pourvu que ça dure!

Au gré des discussions, du matériel et des envies de chacun, se forment comme d'habitude des groupes. C'est décidé, je vais tout naturellement avec le groupe des randonneurs à ski pour le Col du Mouchillon, en montant par les lacs des Sept Laux et en descendant côté Combe Madame. Que de beaux paysages en perspectives pour une rando très classique.


La montée en forêt au départ de Fond de France est réputée assez raide l'été, mais gavée de neige cette année, elle s'avère bien agréable :


Ponctuant notre marche de discussions montagnardes, nous débouchons sous un beau soleil en haut du premier verrou, sous le Roc de Pendet et le "Cul de la Vieille" :


Reste à franchir encore un nouveau verrou avant le site des lacs, en un parcours qui s'apparente en un jeu entre ombres et lumières :


Divers aspects du Roc de Pendet, qui avec le verrou à sa gauche, est en quelque sorte le "gardien du Pluton", à savoir le coeur granitique du massif de Belledonne :


La trace en ce jour laisse le sentier au milieu du verrou pour passer le goulet où se niche le torrent dès la fonte nivale. L'occasion de conversions assez ludiques :


Et voilà en entier le groupe, de quoi concurrencer une collective du CAF, et une ambiance tellement sympa qu'on en redemande :


La plateau des lacs, est, quelque soit la saison, un petit paradis de lumière. L'été, c'est un paradis rose, avec ce jardin de pierres granitiques, l'hiver ce sont des grandes landes blanches, aux formes rondes et accomodantes :


Alors que nous contournons le lac de la Motte, nous trouvons à gauche les lacets pour le Col du Mouchillon, dans une lumière bien argentée en contre-jour :


Rigueur et discipline de montée pour nos C2Cistes, créant une marche harmonieuse avec un rythme bien suivi :


Ce coeur granitique du massif présente la particularité d'être en "dépression" vis à vis des roches métamorphiques autour, au lieu d'être en "bombé" comme au Mercantour, aux Ecrins, en Lauzière, au Mont Blanc. Cette particularité géologique n'est pas encore totalement expliquée à l'heure actuelle par les géologues. Le Lac de la Motte avec au fond le Grand Rocher, puis la Chartreuse et la cluse de Chambéry :


Simon, José et Loïc devant les deux seigneurs locaux : le Rocher Badon et le Rocher Blanc :


Une montée "grands espaces", ceinturés au fond par le massif du Pic de la Belle Etoile...


...avant de déboucher au col, pour un bon picnic bien agréable !


Baghi et Moon sont alors en train de monter le couloir NW de l'antécime du Rocher Blanc. Tandis que pour nous, la descente de l'autre côté va s'avérer bien intéressante : grandes pentes skiantes très tempérées mais suffisamment raides pour se faire plaisir et suffisamment large pour que chacun passe où il le souhaite. Nous laissons la fusée Tetofienne partir devant avec ses thunder et nous attendre à chaque pause. Loïc, Claude et Simon :


Nous passons à gauche d'une sacré monolithe de gneiss amphibolitique, appelé l' "A pic du Badon" et qui mérite bien son nom!!


En face, la "ligne oblique directe" de Plagne Vaumard, remontée il y a 3 semaines:


Cette descente offre de bien belles perspectives, dans une lumière légèrement voilée, presque argentée :


Le dru de Belledonne !!! Notez que de cet angle, l'analogie n'est tant que fortuite que cela!


Avant le typique border cross de la fin, effectué dans un relatif caniard, voici l'option "Arcosses" :


Un parcours ludique, un slalom avec des piquets bien naturels, bien ligneux et bien élastiques pour les amateurs !

texte et photos © Nico Strider