lundi 10 janvier 2011

Cascade de glace à Héas

Participants : Petit Glaçon et Hydra
Activité : cascade de glace
Lieu : vallée d'Héas, Pyrénées (65)
Textes et photos : Hydra


Alors que le mois de novembre 2010 était très prometteur avec un superbe début de saison, les deux phases de redoux successives, ont énormément détériorer les conditions de neige et de glace.

Cependant, la mini-vague de froid de fin décembre, ouvrait une fenêtre de tir, à ne pas manquer avant un nouveau redoux.

Nous décidons avec Petit Glaçon, de nous orienter vers la vallée d'Héas, vallée réputée pour ses spots de cascade. L'idée est de voir au mieux selon les conditions.


La cascade de Spaghetti est formée de manière très fine, et une cordée s'y emploie déjà. Nous continuons donc notre route. Au niveau d'Héas, une jolie ligne est bien formée. C'est d'ailleurs sur cette cascade, que j'ai fait mes premières armes il y a quelques années. Nous décidons par conséquent, d'y aller planter nos piolets...


Cette cascade se divise en deux ressauts, précédés de 20 mètres optionnels de ruisseling. J'attaque en tête le ruisseling, puis Petit Glaçon se charge de la longueur plus dure du premier ressaut, que je termine en faisant un relais plus loin sur un vaste replat entre les deux ressauts.

L'ambiance est superbe, avec une glace vitreuse et un temps assez doux.



Petit Glaçon, reprend la tête de la cordée au niveau du second ressaut. C'est du 3 sur la droite et du 3+ sur la gauche.




Belle ambiance au niveau du second relais, qui offre une jolie vue sur le Bastampé et le fond de la vallée d'Héas.


Nous divisons le second en ressaut en deux longueurs, n'ayant aucun topo. La fin du ressaut est bien difficile, avec quelques derniers mètres éprouvants.

Enfin le relais terminal. Il s'agit désormais de tout redescendre en deux rappels (avec deux brins 2X60)

En terminant notre dernier rappel, nous avons la surprise de croiser une cordée d'Espagnols, qui attaquent la première longueur à 16H10.


Vue d'ensemble des deux ressauts.


La cascade vue de la route.

Superbe paysage du cirque de Troumouse, sur le chemin du retour


En cherchant à gauche et à droite, cette cascade n'a apparemment pas de nom malgré sa fréquentation. Du coup, je la baptise "Passerelle de l'ours" en hommage à François M.

Merci à Petit Glaçon et à sa technique sans faille et aux conditions, idéales ce jour-là.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Bonne année 2011 !


Je vous adresse tous mes vœux de bonheur pour cette nouvelle année !

A bientôt pour de nouvelles aventures pyrénéennes et alpines !

Hydra

mercredi 20 octobre 2010

Un peu de publicité pour un ami montagnard et photographe montagne

Salut à tous juste avant mon départ pour le Népal pour deux long mois et une semaine, je tenais à faire ce petit coup de pouce pour mon ami Laurent Lafforgue qui lance une souscription pour son nouveau livre sur Les Lacs secrets des Pyrénées.... Il avait fait don de photos au blog des chamoisards  suite à la publication de notre sortie en Haute Ariège sur le  couloir de Cornaves et le pic de Pourtillou par les crètes.

Le magazine Respyr pour ses dix ans avait publié ce printemps une de mes photos que j'avais mis sur les Chamoisards...alors je pense que c'est juste retour que nous luis fassions un peu de promo amicale. Il ne roule pas sur l'or il est employé communal sur Midi Pÿrénées. La photographie et les livres de topo montagne sont sa passion et sont second métier sur sont temps libre.

Je vous donne sont mail qu'il m'as fait lors de sont retour du Zanskar.
Salut Patrick,
 
Alors que deviens-tu ? Tu es dans les parages ou bien en vadrouille dans l'Himalaya ??
Moi, j'ai pu faire un beau trek cet été au Zanskar. Comme toujours, nous sommes sortis des sentiers battus pour gravir un "petit sommet de 5900". Pas un truc dur mais bien sympa, sauvage. Cette ascension viendra agrémenter le prochain livre sur l'Himalaya.
 
En attendant, je t'envoie un peu de pub sur mon prochain livre qui va paraître la semaine prochaine. C'est un ouvrage sur les lacs secrets des Pyrénées. Si tu le peux, via les Chamoisards ou autre, n'hésites pas en en parler et à diffuser la couv et le bon de souscription qui va avec.
 
Je t'en remercie par avance,

mercredi 13 octobre 2010

mercredi 25 août 2010

Tête du Ruitor

Textes : Hydra
Photos :Hydra
Participants : Rémy, Alain & Hydra
Secteur : Ruitor, Italie

En 2009 avec Strider, nous avions découvert la Becca Bianca, sommet italien faisant partie du massif du Ruitor en Italie. Ce petit massif, peu connu, côté français, offre des courses d'alpinisme plutôt tranquilles et des paysages somptueux, sans la foule du Mont Blanc. Un vrai régal. Puis de son côté, en tant que voisin de ce massif, Strider avait poursuivi en foulant le sommet de l'Assaly.

Au vu des circonstances de 2010 (compagnons de cordée inconnus), je décide de retourner dans ce joli coin des Alpes en vue d'explorer de nouveaux sommets. Comme la météo s'annonce capricieuse pour la fin de la semaine, nous réservons 2 nuits consécutives au refuge, afin de bien en profiter au cas où. La Tête du Ruitor et l'Assaly sont nos principaux objectifs.

Nous optons en premier pour la Tête du Ruitor, bien visible depuis le refuge Deffeyes, ce qui nous permettra de mieux repérer l'approche pour l'Assaly.

Deux accès sont possibles pour la Tête du Ruitor, la voie "centrale" et la voie "sinistra". Nous optons pour la seconde, qui prend pied sur le glacier bien plus haut (autour de 2900m) et qui permet d'éviter les secteurs peu intéressants (crevasse, glace grise) du bas du glacier.

Le second avantage de cette approche, est qu'elle longe les faces Ouest des sommets du Flambeau et des Doravidi, ce qui permet de mieux se repérer (en cas de mauvais temps).

Très vite, nous sommes au niveau des Vedettes du Ruitor, deux sommets voisins, situés en plein cœur du glacier du Ruitor. Avec le beau temps, le glacier bien bouché, les conditions sont excellentes. Il nous tarde de voir enfin notre objectif....

Surprise ! Le sommet est en vue ! Mais bien plus loin que nous l'imaginions ! Il y a en fait, un immense plateau à traverser, au pied du sommet.

Ambiance Chasseforêt au Ruitor ! Immensité glaciaire....

La vue sur le Mont Blanc se dégage, le sommet approche. Nous décidons de passer par l'esthétique ligne de crêtes, sur la gauche.

Enfin le sommet. Belle vue sur les géants de la Vanoise.

Vue plus bouchée côté italien, d'où vient souvent le mauvais temps (selon les Français...)


La jolie arête constituée des sommets des Doravidi et du Flambeau. Au loin, les géants du Valais (Combin, Cervin, Mont Rose...).


Sans oublier la vue 5 étoiles sur le versant sud du Mont Blanc...

...et sur la face Est du massif du Pourri.


Pour redescendre, plutôt que de reprendre l'itinéraire de montée, Rémy nous suggère astucieusement de passer par le col des Vedettes et donc de faire une grande boucle par l'Ouest en contournant les 2 Vedettes du Ruitor.


Nous devons cependant retraverser le plateau glaciaire.En tirant, plein Nord / Ouest, cette fois.


Première grosse crevasse en vue.


Joli petit monstre juste avant le col des Vedettes


Le col de l'Invernet, nous ne sommes pas très loin de chez Strider à vol d'oiseau.


Magnifique face Nord Ouest de la très secrète Becca du Lac. S'agit-il du nom d'une fée ?


Toujours cette impression d'immensité polaire. Cette fois, nous passons à l'Ouest des Vedettes du Ruitor....

Enfin sur la terre ferme...



Au pied de la face Est de l'Assaly, nous pouvons apprécier les conditions : un sale pierrier peu ragoutant....


Mais une dernière surprise nous attend. Pour regagner le chemin du refuge, nous devons traverser un joli torrent engoncé dans sa gorge...mais il n'y a pas de pont...juste un pont de singe.
Sensations fortes garanties.

Du coup, le projet Assaly est reporté aux calendes grecques !

jeudi 8 juillet 2010

La Pointe de l'Echelle, version Courte

Dans l'approche, de beau matin, la silhouette à la fois massive et caractéristique de la Pointe de l'Echelle, se dessine.

C'est de nouveau parti pour être une belle journée, chaude de surcroit, et ce ne sera un inconvénient sur une voie typée haute montagne où il fait vite froid ,au moindre coin d'ombre ou à chaque coup de vent. Heureusement celle-ci prend le soleil dès le matin.

Quelques jours avant, j'ai pris contact avec Grégory, guide à Aussois, étant intéressé d'aller découvrir cette belle "grande" voie typée montagne. L'expérience d'un guide me donnera la sérénité que je souhaite avoir pour ce type de course, mon manque de marge m'impose d'avoir besoin de me perfectionner et de bénéficier de quelques points pédagogiques.

Nous marchons à bon pas dans les landes bien raides, traversant à flanc, gagnant efficacement en altitude.


La face ne donne pas une impression très compacte, encore moins quand on la voit du sommet, mais il y a devant quelques dents avec des lignes plus compactes. C'est tout naturellement que la voie "La Courte Echelle" est venue se loger dedans.

Encore faut-il y accéder. Et justement, il faut passer une bonne caillasse croulante qui rappelle qu'ici, on est en montagne et qu'accéder à la voie, ça se mérite.

Nous voilà bientôt au pied de la ligne, d'allure bien compacte et cristalline, elle a une belle allure et un développé intéressant, suffisamment vue la longueur de l'accès.


Nous repérons le démarrage de la voie qui se trouve dans ce qui ressemble à une cheminée un peu sombre. Ensuite, on reconnait une fissure caractéristique, qui aboutit à un dièdre, puis à ce qui semble être une dalle assez lisse.

Sauf qu'il y a encore un névé pour y accéder...et bien raide, de surcroit. Autant le dire, nous ne sommes pas encombrés de crampons. Heureusement, comme prévue la neige est déjà décaillée en surface, il faut compter sur le crantage des trangos, ça passe!! La dernière traversée est légèrement délicate, mais ça y est, nous y sommes.


Voilà le départ : dièdre-cheminée en 4c, un spit bien placé qui ne laisse pas planer d'autres options. C'est du "géométrique", un peu comme à Cham et en général on sait que ça veut dire !


Et voilà Grégory est passé, le reste de la longueur est plus facile, ça se couche.

Bon, hé ben, ce départ, même en côt' modeste, "réveille", car les prises en dalles sont des "a-plats", et en fait, il convient de ramoner, en opposition. Ça met dans l'ambiance !

La première longueur passe donc vite, le relais est rapidement au-dessus. Ensuite c'est moins homogène, du moins au début : une sortie de fissure un peu humide, garnie de vires un peu terreuses, pas forcément très agréable, sauf le beau "morceau" qui est pour la fin : un dièdre de 15m, je dirai, côté en 5b.

D'allure assez lisse, en fait il n'y pas 300 000 manière de passer : dülfer ! Et là miracle, se trouve dans l'angle une grosse fissure pour tracter, presque faite pour ça ! Pied à plat, allez il faut tirer sur les bras : assez chamoniard quand même, le style ! Perso j'ai décidé de tout enchaîner en insistant sur le souffle, ça m'a permis de garder quelques forces pour la sortie, un peu plus technique.

Le relais est gazeux, délicat de sortir l'appareil photo. La dalle jaune, au-dessus, est assez lisse, quoiqu'un peu travaillée par la météorisation, et avec une petite fissure au milieu. L'escalade change complètement de style, et devient en finesse avec quelques placements. En parlant de placement, la sortie en 5c en demande un beau : un petit "grand" écart pour choper une prise pied droit en traversée, le pas engage un peu.

Ça se couche au-dessus, nous voilà sur ce qui semble un éperon bien dessiné, assez esthétique.

Ambiance dans la paroi



Votre serviteur au relais, assez confortable, celui-là!



S'ensuivent de très belles longueurs en 5b, trois au total avec une escalade très variée, ça va de la dalle en adhérence, garnie de bi-doigts et prises à pincer, des écailles, des petites fissures avec des picots, etc...

Tout au long de la course, l'escalade a toujours une superbe ambiance haute montagne, le rocher est sain et beau, c'est vraiment emballant. Grégory en profite pour me donner des astuces d'assurage.

Sortie d'un ressaut



Belle dalle en adhérence, 5b toujours



Grégory, à l'assurage


S'ensuit une longueur plus facile, en 4b, avant ce qu'on devine au bout, la longueur en 5c avec le surplomb, crux de la voie.

Cette longueur est vraiment très esthétique, d'une belle envergure avec ses 50m : ce fameux surplomb se passe plutôt à sa droite. Pour y accéder ça passe par une fine dalle un peu technique, car assez lisse, puis le surplomb demande surtout de trouver l'appui pour poser/récupérer le point, puis monter le plus possible les pieds dessous (c'est arrondi, donc pas évident), ce qui permet de chopper la très bonne prise en main droite au-dessus et le tour est joué !


Dans le surplomb



Une belle dalle s'ensuit pour clôturer cette superbe longueur



Enfin c'est une fort jolie longueur en 3c, peu raide, sympathique, pour terminer cette voie vraiment intéressante.


Du sommet de la voie, la vue sur le lac est vraiment très sympa.



Ensuite il faut malheureusement se farcir cette partie en mauvais rocher, mais assez courte, avec quelque pas de II...pour aboutir sur une selle assez confortable, à un peu plus de 3000m.


Vue de la selle, sur le col de la Masse et le Rateau d'Aussois

S'ensuit une belle descente, souvent en ramasse, dans les névés ! Je remercie Grégory pour cette très belle course, une opportunité bien saisie, tout s'est très bien déroulé, ça restera un excellent souvenir!

Nico Strider