vendredi 28 novembre 2008

Rando panoramique au Mont Rosset

Un beau coucher de soleil sur la Croix du Nivolet, quel plaisir de voir un tel spectacle depuis sa fenêtre. Ca donne envie d'aller en montagne

Ben ça tombe bien : avec Fred nous partons le lendemain matin pour le Mont Rosset (2455m), sommet ultra-classique du Beaufortain, faisable à peu près en toutes conditions du moment qu'il y a de la neige et qu'on a une bonne visibilité. En ce début de saison, il faut en profiter, car après ça va être la Rosset-mania du week end !!

Nous sommes presque les premiers à débarquer au foyer de ski de fond des Pars sur la très belle commune de la Côte d'Aime, dominant une Tarentaise enneigée de son romantique clocher brillant.

Adret, versant du soleil, quoiqu'il fait encore froid à l'ombre (-8° min). La rando commence sous une superbe forêt enneigée en pente dans laquelle louvoye la route d'alpage :


Cette forêt est clairesemée par d'élégantes clairières avec des chalets des plus typiques, de quoi nourrir un imaginaire montagnard emblématique :


Nous nous immergeons dans ce décor hivernal baigné d'une lumière chaude d'hiver, redevenant un instant enfant face à cette vraie féérie de noël (pas celle du supermarché), ou encore pensant à un romantisme allemand première période tel que les frères Grimm, ou que Friedrich n'auraient pas renier. De beaux sapins à perte de vue :


Dans une clairière à 1650m, apparaît à gauche un chalet noir un peu atypique mais ne dénotant rien de l'excellence esthétique des chalets du Beaufortain. Au dessus (à droite) le sentier devient plus étroit alors que nous approchons de la fin de la forêt, la lumière est encore plus vive:



La sortie de la forêt se fait par de landes un peu dégarnies, car ventées et très peu pentues. Nous arrivons à cette croix qui marque les 2000m et l'entrée dans les alpages du Rosset (haut lieu de production de Beaufort) :


Devant nous, l'alpage proprement dit, paisible et bucolique :


S'ouvre progressivement (c'est le moins qu'on puisse dire!!) autour de nous un cadre montagnard grandiose, entrant dans le coeur minéral du Beaufortain. A notre gauche, un pointement et le couloir (skié) de Rocheboc, très élégamment architecturé :


Plus loin à l'W, au-dessus du Col de la Portette, la superbe pyramide du Crêt du Rey (2633m), presqu'idéale, sortie de rêves esthétiques :


Au Sud-Est, par delà la spatieuse croupe du Grand Chatelet, on reconnaître la silhouette un peu volcanique du Mont Pourri :


Au Mont Rosset, on peut aussi parler de croupe, en témoigne ces deux photos des cent derniers mètres (excusez le ciel assombri...) devenant progressivement une arête toujours bien arrondie, selon le cahier des charges de cette rando contemplative !


Et voilà le sommet, avec sa pancarte en patoi, devant la mythique Pierra Menta, reine du Beaufortain :


En face de nous, derrière la crête, s'étale la superbe face W du Roignais (2995m), point culminant du Beaufortain, avec ses 1000m d'un seul tenant :


Et voici en vue plus rapprochée, la Pierra Ment' (2714m), dent de conglomérats gréseux compacts et très abrasifs :


La Pierra Ment' est en fait un morceau isolé d'une chaîne de la même roche, avec d'élégantes murailles telles que la Pointe de la Portette, la Grande Parei (comme son nom l'indique) et le Roc de la Charbonnière :





En face, la vallon du Presset, son refuge (peu visible) et son lac (encore moins) dominé par les Aiguille du Presset et de la Nova :


Photos au sommet, devant le puissant Roigniais :




Au loin au sud, le grandiose massif du Mont Pourri, avec cette architecture très haute montagne :


La descente fut dans une neige trafollée très changeante selon les expositions mais jamais vraiment transfo. Beaucoup de neige collante vers le bas...Nous avons pris de belles combes orientées SW, là il y avait le plus de neige dans le secteur, car les cailloux ne sont toujours pas très loin :


On terminera ce récit par cette image de la Savoie d'une époque pas si lointaine, celle d'une petite chapelle aux dimensions bien modestes face à la puissante masse de Rocheboc :

texte et photos © Nico Strider

lundi 24 novembre 2008

Portfolio : premières neiges beaufortaines...

Le Mirantin après la tempête de neige des jours précédents

Avec Patrick nous sommes allés à ski voir ces premières vraies neiges dans le massif du Beaufortain, vers la Roche Pourrie, au départ de Molliesoulaz, tout proche d'Albertville. Une courte fenêtre météo et un manteau trop profond en haut limitera notre excursion mais ce fut l'occasion entre autres éclaircies de photographier la belle lumière...


Le Mont Blanc vu de Molliesoulaz



La verte cuve d'Ugine et les Aravis dans les nuages



Pentes d'arcosses aux congères de neige froide et profonde



Les Aiguilles du Mont, Aravis, satellites du Mont Charvin




Forêt de sapins complètement platrée, dans un calme profond



Le Mont Charvin, majestueux, apparaît progressivement



Lumière oblique sur les pentes siliceuses du Mirantin chargées de congères




Toujours le Mirantin et les pentes d'arcosses très (trop) chargées de congères de poudre alors que la visibilité se dégrade



Avant l'arrivée proche du mauvais temps (reste encore une demi-heure, un heure) le Charvin se présente entièrement à nous, élégante pyramide, sorte de petit Everest alpin.

texte et photos © Nico Strider

jeudi 20 novembre 2008

Retour au ski de rando en Haute Maurienne

La pointe d'Arrondaz au lever de soleil, radieux, sur les cimes de Haute Maurienne

Retour aux origines en ce début de saison, Fred et moi allons (enfin) sortir les skis pour retrouver les grandes pentes de poudre et cette sensation unique de liberté et de pureté de la montagne hivernale.

Les chaînes frontalières ont été prématurément enneigées cette année : c'est le cas aussi de la Haute Maurienne, tout particulièrement les Alpes Grées. Direction Valfréjus, agréable station modannaise, qui a la particularité d'avoir des vallons latéraux si sauvages..Le sommet, hé bien, nous serons gourmand en altitude, pour un début de saison : la Cime du Vallon, à 3129m.

Partant du hameau perdu du Mélezet, nous démarrons la rando par des pentes caillouteuses et faiblement enneigées avec des petits dévers qui réveillent. Puis nous entrons progressivement dans l'amphithéatre, dans un froid nocturne bien planant mais un ciel aux lumières prometteuses:


Ensuite, c'est le domaine des grandes pentes, assez relevées quand même, en témoigne 500m de montée soutenue, toute en conversions plus ou moins techniques -ça commence fort la saison !- avant que ça se calme un peu vers 2600m, avec pour récompense, une vue très élargie sur la Maurienne :




Les adrets, comme vous l'aurez remarqué sont encore en automne. Mais nous en ubac c'est le manteau d'hiver, réverbérant à l'argentée sous la lumière oblique :


Suivant deux skieurs locaux devant, nous partons trop à gauche de notre objectif, et nous nous retrouvons sur l'antécime de Belle Plinier, à 3000m d'altitude, sous un vent un peu insistant :



En face de nous, la face Est de l'Aiguille de Scolette (3506m), austère en été mais si élégante en hiver, avec son large cirque central :


Le manteau pas très profond, présente diversement une sous-couche, auquel il adhère bien, facteur de stabilité et nous permettant de connaître les premières joies de la descente en poudre, sur la facette de cette antécime (35° en haut) que nous voyons à droite de l'image :


En bas de la facette nous récupérons la trace manquée vers la Cime du Vallon, dont les larges pentes trappues nous accueillent, sous cette lumière toujours argentée :


Vers le haut, ça se corse : un vent tempétueux vient nous cueillir, et les températures étant déjà négatives, il est ressenti comme très froid et pénétrant. Puissance des éléments... L'ambiance devient tout à coup plus austère alors que nous arrivons à 3100m :


Summiters!!! Bien capuchonnés sous les rafales !!




Jugez-en par vous-mêmes, sur fond de Meije :


La vue sur l'Italie (à gauche...), bien enneigée et très ensolleillée, est ravissante...Côté Vanoise (à droite), ça sent encore l'intersaison, plus austère :




Impossible de rester dans ce congélo mouvant. Nous décidons de manger plus bas. Après s'être dépatouiller avec les irrégularités de la neige soufflée, nous trouvons une poudreuse de cinéma dès 3000m, pour notre plus grand bonheur, et celui des autres qui sont passés les jours précédents :


Quelques mètres plus bas, sur un replat, nous trouvons un bon coin à l'abri pour manger:


La lumière devient maintenant assez forte, aveuglante sans lunettes...Un bonheur en cette décadence saisonnière des heures de jour. Mer de blanc, océan de neige, nous voilà dans le grand blanc :


Mais de retour vers l'ombre de la civilisation :


Vision de l'océan blanc, la Cime du Vallon perdue dans quelques nuées de gel, calme profond du manteau :


Cette descente aura été 1000m de poudreuse!! Assez confiante vers le haut, mais impossible de se lacher vers le bas, les cailloux n'étant jamais bien loin. Néanmoins la neige déjà un peu alourdie, adhérait très bien aux surfaces, rendant les conditions très propices...


Le border cross en bas fut assez merdique, par manque de neige, et terrain trop racineux. Déchaussant intempestivement à cause d'une racine cachée dans un virage, je décide de finir à pied, par pitié aussi pour mes semelles. Fred, lui, a pu durant toute cette descente constater les gros progrès qu'il a fait en ski de descente.

Pour un début de saison, on peut dire que ce fut grandiose, surtout un 20 novembre!!

texte et photos Nico Strider