samedi 22 mars 2008

Mariage d'Hydra et de Karine


Bonjour à tous,

Dans 7 jours ce sera le jour J !

J'aurai beaucoup aimé que les chamoisards soient avec nous durant cette journée !

je penserai beaucoup à vous.

A bientôt après le mariage pour de nouvelles aventures pyrénéennes et alpines !

dimanche 16 mars 2008

Le Grand Morétan (2775m)

La combe des Roches porte bien son nom, c'est un écrin solidement architecturé où la dimension minérale domine très largement.
7h40 au hameau des Roches, dans la vallée des Villards. Thom, Christophe et moi, montons le sentier de départ, portant un peu, pour vite trouver la neige suffisante pour chausser. Très bientôt, à 1300m nous voilà à l'entrée de ce grandiose vallon belledonnien. Une nouvelle fois l'effet "sanctuaire" nous saisit.

Le parcours dans le fond de la combe est plutôt plat mais nous passons quelques pentes d'arcosses un peu malcommode par endroit. L'objectif du jour est pour l'instant la brèche du Villonnet.

A notre gauche resplendissent de spendides parois, gagnées par des arcosses touffus, aérées par de beaux couloirs d'avalanches.


Nous quittons les arcosses, dans une lumière déjà bien forte, l'ambiance très douce, pour trouver le large fond de la combe, où plusieurs vallons se présentent élégamment, autant d'invitations à l'aventure, autant d'expériences esthétiques, autant de projets futurs.


Le torrent des Roches déjà bien réveillé, sous le très élégant pic du contrefort du Charmet de l'Aiguille:


Arrivé au "noeud des vallons", nous sommes un peu en train de tergiverser. Il y a comme une envie d'aller tout droit, dans la combe de Clarant, vers le Grand Morétan, grand sommet belledonnien bien visible depuis Chambéry. Le ciel se voile un peu, ça ne va peut être pas tant réchauffer que cela. Le problème avec tous ces vallons, c'est de choisir!! Allez on se décide pour les belles pentes de la combe de Clarant juste au-dessus de nous.


Ca sent le modelé glaciaire, de disparition récente!!

Christophe sur un replat, avec au fond à gauche le Roc de Pellegrin et à droite le Charmet de l'Aiguille, qui culmine à plus de 2800m:


Sensation de grands espaces dans cette superbe combe profonde.
Le ciel est en train de se voiler progressivement et un vent de SW se lève, sans grande insistance. Je commence à sentir la fatigue de mon rhume. A nos pieds, la très élégante combe des Roches, admirez ce creusement glaciaire presque parfait:


Un petit replat qui me permet de souffler un peu dans une ambiance bien tamisée:


Plus haut, nous tournons à droite vers le glacier de Clarant et le col du Gleysin. Le glacier ou plutôt ce qu'il en reste un très beau front de moraine à l'évocation féminine, sous cette belle lumière argentée:


Je commence à avoir mal au tibia, le réglage de mes chaussures est trop penché mais c'est plus facile pour la descente, la tenue est meilleure. En face de nous le col du Gleysin qui ramène au vallon de l'Oule et à notre droite, les pentes supérieures du Grand Morétan. Motivés, nous décidons d'aller jusqu'au bout.


Les pentes supérieures s'avèrent en neige dure, voire verglacée, luisantes:


Elles sont soutenues et les couteaux s'avèrent bien nécessaires. Nous prenons sérieusement de l'altitude et j'en bave au niveau de ma forme physique. Je décide de remédier avec le mental pour m'assister dans la progression. Après une ou deux conversions bien techniques, et le mollet qui chauffe pour planter les couteaux, nous sommes récompensés par une belle vision des Aiguilles d'Arves.


Vers le haut c'est moins soutenu et arrivés à un collu nous abordons les pentes sommitales, en forme de crête plus ou moins large. Sachant qu'on aurait à chausser les crampons à un moment ou un autre, et souffrant de trimballer mes skis lourds, je décide de m'arrêter et mettre mes crampons, quitte à porter les skis mais mieux maitriser ma progression.


Un passage étroit et exposé me conforte dans mon choix, vue ma forme un peu entaillée. Et nous voilà devant le sommet, qui fait assez "haute montagne":


Le vent est un peu fort par moment. Thom s'arrête pour mettre les crampons :


Quelques mètres plus haut, c'est une horrible neige croutée, certes bien esthétique, qui vient ralentir nos pas :


Engourdi un peu des mollets et le souffle entamé, c'est avec bonheur que j'accueille cette vision du sommet, où se trouve déjà Christophe:


Le cairn sommital bien verglacé, est aussi girouette:


De l'autre côté c'est une belle paroi bien compacte, assez vertigineuse.C'est l'heure du déjeuner, dans une ambiance un peu fraîche. De quoi prendre du temps à admirer cette vue splendide, jusqu'au Cervin.

En face l'Oisans et la Meije, mais aussi l'Etendard à sa droite:


Plus vers le Nord-Ouest, nous voyons très bien Chambéry, tout petit, et au nord-est nous voyons le Mont Blanc avec devant le Pic du Frêne:


Christophe et Thom :


Côté Est, la Vanoise se présente à nous, ainsi que les Aiguilles d'Arves, faciles à reconnaître!


L'ambiance est agréablement aérienne et élancée. Au-delà des crêtes très escarpées de gneiss du Charmet de l'Aiguille, nous reconnaissons les élégantes Aiguilles de l'Argentière. Puis très proche, le Gleysin, surmonté de Puy Gris et surtout de la superbe face nord de Comberousse.


C'est l'heure de la descente. Au replat juste avant la dernière pente sommitale, nous repérons une très belle pente directe, nous permettant de ne pas repasser par la crête et l'occasion de faire une pente déjà assez raide. Après un départ un peu exposé au dessus d'une barre, on trouve très vite le creux de la pente en S4-S3, bien compactée, avec une fine moquette très confortable pour le ski. L'ambiance est grandiose et les lignes sont fuyantes :


Après 300m de descente à serrer les virages et faire vivre ses skis, on retrouve à 2300m la combe de Clarant, presque sous la moraine. C'est parti alors pour une neige transfo franchement géniale, l'occasion de godilles mémorables sous le Charmet de l'Aiguille.


Nous arrivons dans le fond de la combe, alors qu'un début de crampe dans la cuisse s'installe mais c'est heureusement fugitif!!


C'est parti pour l'inévitable et l'énième séquence border-cross de la saison!! Ambiance "je me prend des branchage dans la tronche" au fond du vallon!! Jeu assez fugitif, nous nous retrouvons vite à l'aire de déchaussage, 1h après avoir quitté le sommet. Plus que 5-10min de portage et nous voilà rentrés au hameau des Roches, avec une fontaine pour nettoyer skis et godasses!!!

texte et photos Nico Strider,

lundi 10 mars 2008

Poudreuse beaufortaine...

La météo avait été un peu hésitante mais rien de tel que se dire qu'à Chambé, on peut toujours décider la veille au soir pour le lendemain! C'est ce que nous avons fait Thom et moi samedi soir, et finalement on a bien fait, car le lendemain, il fait grand beau à Arêches. Nous allons monter en plein versant nord, vers la pointe du Dard (2489m) histoire d'essayer de profiter du peu de poudre tombée les jours précédents.
Nous partons à 7h40 du Chornais, au bout d'Arêches, au pied des grandes pentes du Grand Mont homonyme, sommet repère de la célèbre Pierra Ment' qui va se dérouler dans quelques jours à peine. Après 30min de montée sur une route forestière suffisamment enneigée, voilà l'objectif du jour, avec ses grandes pentes bien tranquilles côté N:


Nous passons une zone de traversée un peu délicate avec quelques dévers mais la petite poudre sous nos skis nous permet de ne pas sortir les couteaux. En face de nous, le Mirantin et sa Legette, une très célèbre pente E. Nous passons un petit goulet, puis un verrou pas très raide :


Nous arrivons vers 2000m sur la partie qui va se révéler la plus esthétique :


Devant nous le lac Tournant, dans son creux, et en face les pentes du Grand Mont et le beau dôme de la pointe du Dard, dans un jeux d'ombres bien développé:


Je ne résiste pas d'enlever les peaux 2 minutes pour descendre dans le creux, la neige sera finalement un peu cartonnée, mais relativement skiable. Le creux du lac, sur lequel on skie, est à la limite des ombres et avec ce modelé autour très bosselé, c'est une belle aventure esthétique que de suivre toutes les "crêtes"des ombres étalées!


Nous montons ensuite les pentes supérieures dans une ambiance relativement débonnaire et on ne peut plus agréable. Le parcours, très varié est assez remarquable esthétiquement :


Sous nos skis nous sentons un poudreuse qui promet. J'ai attendu le moment le plus propice pour cette photo, dont je suis assez content :

Il fallait que les ombres mènent au Mont Blanc tout en dessinant les crêtes!

Le vent commence à nous frapper un peu, moi qui suis très enrhumé, alors que l'on approche du col du Dard:


La vue sur le Grand Mont est assez grandiose, même en contrejour :


Le vent se met à claquer sérieusement alors que l'on monte la grande pente finale, très facile et très large:


Le Mont Blanc, toujours proche au Beaufortain, est encore dans un ciel bien bleu et bien net. C'est mon versant préféré de ce grand sommet:


On aboutit à une petite crête sommitale bien jolie pour la fin:


Et nous voilà au sommet, la vue sur la Vanoise, dans une ambiance très changeante, voilée, tamisée, foehnée, gris-argentée, en général toujours très esthétique :


C'est l'heure du picnic! Nous recevons la visite de locaux préparant la Pierra Menta, avec un husky qui te regarde l'air d'un malheureux qui a faim, le genre de chantage canin bien classique !! A nos pieds, la vallée de Beaufort et, vue en télé, la Brèche Prarozan, visitée l'année dernière, l'un des lieux les plus esthétiques du Beaufortain:


En face de nous le Grand Mont, très visité aujourd'hui, vu le nombre de collants-pipettes qui vadrouillent dans le secteur pour préparer la grande course imminent:


Ambiance tamisée, voilée et pourtant le relief est net et bien contrasté, voilà qui est présage d'une belle perturbation, annoncée par la météo.


Une ambiance originale et propice à une contemplation un peu friedrichienne, si vous voyez ce que je veux dire....Grande Casse et Grand Bec, grandioses :


Alors que le premier cortège de cirrus arrive, sans gravité, voilà l'ensemble Echelle-Péclet (à gauche) dévoré par le foehn et la Lauzière, avec le glacier de Celliers (à droite):


Votre serviteur devant son versant préféré du Mont Blanc:


Thom finit son déjeuner alors que des futurs coureurs nous rejoignent au pas de charge:


Le vent froid commence à se lever sur le sommet, il est peut être temps de descendre. De belles et larges pentes s'offrent à nous :


Merveille, si le haut est un peu cartonné à cause du vent, très vite, on trouve une poudreuse de cinéma, pour une séquence mémorable de descente dans les vallonnements des pentes N de la Pointe de Dard. On en skierait presque les yeux fermés tellement c'est agréable, et quelque peu voluptueux de caresser ces surfaces si douces sur ces pentes si rondes. Inutile de forcer les virages, on aborde la pente de front, se laissant promener dans ce manteau enveloppant.

Thom en action :

Plus bas, dans le talweg collecteur des traces, c'est déjà moins exceptionnel, l'ensemble est trafollé et déjà bien tracé de partout, surtout que c'est pas très large! Néanmoins ça skie encore bien.

Après un passage de déchaussage car un peu expo, n'étant pas bien large et trop sec, on aboutit à l'inévitable border-cross! J'en ai eu à toutes les sorties cette année, c'est toujours le même refrain, ça peut devenir un jeu, enfin faut le prendre comme ça. Très vite, on retrouve la route du départ qui nous ramène à midi en bas, dans une ambiance de jour blanc virant au grisâtre.

Ha que l'on a bien profité de la fenêtre météo!!

Texte et photos Nico Strider,