lundi 29 octobre 2007

Le Colombier d'Aillon

En ce dimanche de beau temps, nous voici partis, Jo et moi, en direction des Bauges (eh bien oui, une fois de plus, les montagnes Baujues sont à l’honneur chez les Chamois !), et plus précisément au Colombier d’Aillon que voici. L’itinéraire, partant d’Aillon-le-Jeune, utilise depuis le col de la Cochette (caché par le premier plan), pour rejoindre le sommet, l’arête à droite de l’image.


La journée est d’autant superbe que la brume reste coincée dans les vallées, privant ainsi les citadins d’un spectacle qui, à mon avis, justifie à lui seul notre présence en montagne. L’effort nécessaire n’est que bien relatif face à ce spectacle non… ?




Nous continuons à monter, avec le secret espoir que depuis là-haut nous verrons toujours autant nos chères montagnes s’élever parmi la brume. En attendant, nous croisons un arbre bien seul, mais bien beau !



Puis bientôt, la vue s’ouvre très largement depuis l’arête et le roi des Alpes s’offre à nos yeux toujours admiratifs… !



Johanne prend toujours du plaisir à faire des « essais » qui nous donnent des photos souvent très chouettes et originales. Un bon œil et une dame-nature toujours aussi généreuse, voici le résultat sur deux de ses images :



Nous atteignons le sommet et nous nous adonnons à notre loisir favori, s’extasier devant ces montagnes qui s’offrent à nos yeux à perte de vue puisque nous avons un panorama à 360° de rêve : Bauges, Jura, Chartreuse, Belledonne, Cerces, Oisans, Vanoise, Mont-Blanc, Aravis.


Quelques sommets lointains nous servent toujours de référence et nous plaisent toujours autant, et ce quel que soit l’angle de vue : Granier, Grands Moulins, Meije, Aiguilles d’Arves, Dômes de la Vanoise, Grande Casse, Mont-Blanc, Aiguilles de Chamonix, Aiguille Verte… Ce n’est pas par égoïsme que je ne partage pas nos panoramas avec vous mais pour de simples raisons techniques…!!! Arrrgggghhhhhh, quand je vous dis que ces ordinateurs m’énervent et que je ne les aime vraiment pas, c’est aussi pour cela ! Bon, voici une image extraite d’un des panoramas, elle résume peut-être ce que j’ai à l’esprit puisque vous y reconnaitrez au moins leur Majesté les Aiguilles d’Arves, ainsi que la Meije et les Grands Moulins si vous savez où ils sont (la photo est un poil petite sinon…!!!) :


Nous rejoindrons bien notre petit chez nous, les yeux encore pétillant d’une très belle journée en montagne. Je sais que je répète toujours la même chose mais vraiment, QUE LA MONTAGNE EST BELLE…!!!

par Nico Annapurna et Jo,

mardi 23 octobre 2007

Le Pic de Batoua 3034 m, rencontre c2cistes Pyrénéens.

Pic de Batoua 3034m , Bigorre, Vallée du Rioumajou, une rencontre c2c sur un joli sommet aux couleurs automnales .

Sur la route depuis Tramezaigue vers l'Hospice du Riaumajou , au petit matin de ce dimanche, Gilles et Pastriste écoute Sud Radio , un lendemain de gueule de bois rugbystique, la France vient de prendre la porte de la coupe du monde, sortie par les anglais une fois de plus .

Au Pays du Rugby , qu'est ma région Midi Pyrénées , çà coince quelque part.

Gilles roumègue dans sa barbe avec pastriste......tellement pris par l'évènement , qu'on à failli manquer Aurore près de sa voiture....qui nous attendait depuis hier soir...dans la vallée.
Gilles me dis t'es sur que c'est elle , moi ben une plaque 66 y à pas photo !
Gilles , oui mais elle m'as dit une voiture rouge et elle est blanche?

Mon portable sonne ! C'est aurore de c2c , la petite catalane amoureuse du Canigou.....attention Alban....cette montagne c'est celle de mon pauvre papi Catalan qui à cassé sa pipe cette année....alors pas touche ou je me fâche tout rouge !!!! :-))))

Bref , demi tour c'était bien elle....un petit bisou et tout le monde se gare près du refuge municipal.


panneaux à l'Hospice de Rioumajou 1560m.

il fait vraiment frais dans cette verte vallée, très encaissé il est 8h30, le soleil ne touche que les hauteurs .

monte très raide de suite après le torrent, un couple d'Isard nous observent à la monté au col de Cauarère 2526m.

Le rythme est très bon....personne ne traine...excellent....mais j'avais aucun doute la dessus....:-)






Aurore ( c2c) et gilles regarde nos amis isards qui nous observent.



ils seront encore là à notre retour.



Eboulis gélées et plaque de neige pimente notre montée.

Arrivée au Port et au soleil , c'est l'éblouissement , la vue est déjà splendide
de toute part .


vue depuis le port de Cauarère sur le l'Aragon espagnol vers Aniscle et Pineta.

Pause au col venté, un groupe important du CAF de Toulouse nous rejoint.
J'enlève mes chaussures , a cause mon problème de surchauffe.

( En fait j'ai trouvé la cause de mon problème après cette sortie , c'est des mycoses qui provoquent ces brulures de la voute plantaire et donc une surchauffe).

Je regarde l'arête qui mène au Batoua, elle est plutôt jolie et assez longue.
Bon vas falloir y allez.....

la vue plein sud :

au fond la Puenta Suelza 2972 m et devant plus rondelé le pic d'Ourdissetou 2592m.




vue sur le port d'Ourdissetou 2403m...au fond La Punta Fulsa 2858m.



la vue à l'est :

Schrader ou Bachimale 3174m


vers le massif des Posets.

C'est la première fois que je vois de près le Bachimale ou Schrader , les Posets sur sa droite domine à l'horizon.
Quelques pics secondaires nous offrent déjà une belle vue plus étendu .
La face Nord du Monte Perdido et sont glacier suspendu...un des derniers...
et nos dernier séracs.
Les séracs du Petit vignemale sont tombé en juillet cette année....hélas !

On voient le Cylindre , le Pic du Marboré , la muraille de Baroude.
Le Pic de la Munia, et le glacier d'Ossou avec le sommet du vignemale.
coté nord c'est les sommets du Néouvielles jusqu'au Pic du Midi de Bigorre.






vue sud de plus haut sur le Port de Cauarère derrière nous.
Photo depuis le début de l'arète menant d'abord au Pic de Cauarère 2907m puis au Batoua 3034m.









On devine les sommets du Luchonnais et la Maladetta à l'est.

Au Sud c'est vers Ordessa et Pineta.


au sommet du pic de Cauarère 2907 m, au fond c'est le Mont Perdu
et sa face nord.


Bachimale 3174m

vue sur les Posets 3369 m



vue sur le Pic de Batoua depuis l'arête descendant du pic de Cauarère, au fond c'est le Pic de Lustou 3023m à l'autre bout de cette très longue arête .



montée finale sur le sommet de Batoua.



enfin au sommet , toujours en surchauffe dans mes Népal Trek Evo.....saloperie de Mycose!


le groupe du Caf de Toulouse qui nous offriras du Frontignan à boire.



vues ouest :
Au fond , à gauche massif Mont Perdu et Gavarnie, au centre muraille de Barroude avec la Munia et Troumouse.......puis la tache blanche au fond c'est le glacier d'Ossoue qui sert de voie normale au Pic du Vignemale ou Hydra ( Anthony) collectionne avec JC.....les buts.....:-)






au Nord ouest en suivant le massif de l'Ardiden , et l'énorme massif du Néouvielle , avec la face sud vertigineuse(1000m) du Campbieil 3157m ....les sommets devant dominent la vallée de Rioumajou (pic de Saroues 2826m-pic d'Aret ( trés raide) 2939m

Bon c'est pas tout il faut descendre , les journées sont courtes, et il y a de la voiture pour rentrée. Surtout pour Aurore...une tiré pour revenir à Perpignan.
Remarque , cette petite à fait le Dôme de Neige des Ecrins depuis Perpignan il y a 15 jours sur un weekend !!!!








Gilles , derrière lui la face nord du Cauarère et Gavarnie avec le Monte Perdido
qui se couvre de nuages.



dernier coup d'oeil sur les Posets 3369m





retour au Port de Cauarère.





nos observateurs isards sont fidèles au rendez vous :-)










l'ombre tombe vite dans le fond de vallée , il fait encore bien doux pour la saison.


Il est tard, Aurore nous quitte au parking , la route sera longue.
Excellente journée et très belle sortie, on remettra çà en novembre avec la neige si possible.
dernier coup d'oeil derrière nous avant de quittez ces belles montagnes, dont nous voyons les versants nords enneigés.


textes et photos Patrick Entraygues (Pastriste).
les autres participants à la sortie :
Gilles Bouchet , Aurore Delahaye.
(Aurore sur c2c)

lundi 22 octobre 2007

Au fil du Trélod


En attendant que nos isards nous envoient des nouvelles, parlons un peu de ce qui a été fait ce dernier ouiquende côté chamois ;-)
Tout comme Patrick, les samedis en ce moment sont plombés pour causes de formation, ce qui limite un peu les choix de courses. Qui plus est, un froid et un vent très fort a été annoncé, d'où le fait que peu de courses ont été faites ce ouiquende par rapport aux week ends précédents. Peu importe, Patrick est motivé pour une rando ce dimanche, et je n'ai que cette courte journée pour aller en montagne. Hé bien ça tombe bien, la dernière fois à la Chaurionde, on avait dit qu'irait faire un jour le Trélod un de ces quatre dans ces conditions.
Parfait ! Nulle besoin d'aller haut pour se faire plaisir en montagne.

Nous partons le matin, vers 7H30 de Chambé, dans une ambiance de congélateur un peu cotoneuse, un lever de soleil contrasté et contrarié sur la Dent d'Arclusaz.

La vallée d'Ecole est dans cette athmosphère brumeuse, les pelouses sont givrées. Nous allons effectuer depuis la charmante commune de Doucy-en-Bauge, la traversée du Trélod du S au N, sens qui permet au retour de descendre le bout de route à faire au lieu de le monter, ce qui fait gagner du temps et mieux le vivre.

Nous partons dans la brume, derrière une ferme, sur une route pastorale, à bon train, car ça caille franchement. Un toutou de chasse aboie de partout pour signaler sa présence, et cherche des pistes, on l'entendra pendant au moins une heure trente. La montée dans la forêt est un peu longue mais on arrive très vite au pied du synclinal calcaire perché du Trélod, qui ressemble un peu à un paquebot, vu du col de Frêne, ou encore à un chateau médiéval!

La seule faiblesse de la paroi se trouve sur une vire au niveau d'une cascade qui n'est plus très active. Le passage est gentilement aérien. Seul souci : les lits du ruisseau au milieu sont verglassés, heureusement que ça passe par les rochers du bord.

Nous dominons peu à peu les nuages, entendant toujours le toutou, tandis que le système de vires emprunté par le sentier cède aux pelouses supérieures, où nous retrouvons le soleil...Ha..

Les raides pelouses en face sont comblées de chamois, au moins une trentaine, en train de croquer l'herbe givrée.

La Dent de Pleuven à notre droite ressemble à un promotoire du bout du monde.

Patrick devant une belle mer de nuage devant le Mont Colombier, un autre 2000 des Bauges.

Nous arrivons sur la crête du Trélod, crête que nous allons suivre de part et d'autre du sommet. En ce lieu bucolique "suspendu" résonne un petit côté "sanctuaire" introduit justement par ce caractère "entouré de falaise", nous sommes dans la forteresse!

En face, les alpages de Plan de la Limace, comme son nom l'indique, et le Pecloz derrière au delà de la mer de nuage.

La crête bucolique, taillée dans les marnes du Séquanien, cède devant la rugosité du bloc sommital taillé dans les calcaires urgoniens. Cette diversité est élégante. Toutes ces zones sont paturées de manière très équilibrée, ce qui évite les végétations étouffantes et permet le renouvellement des espèces dans la saison. Ca fait de belles lignes pures.

La brume se disloque progressivement dans les vallées Baujus.


La montée est agréable, avec ce soleil, mais un vent suspect se manifeste de temps en temps.


La Dent de Pleuven, subit l'effet "Dibona" celui d'être impressionnant d'en bas mais plus d'au-dessus. Sorte de perchoir devant le spectacle alpin, avec au fond l'Arclusaz, Belledonne le Sillon Alpin etc...

Nous approchons du bloc sommital


Le décor se creuse dans cette belle montée


La crête pré-sommitale : imaginez l'époque du Wurm où la limite des neiges éternelles étaient vers 1300m, ici il devait y avoir une jolie arête de neige cornichée, ourlée devant les rochers de l'arête sommitale


Un groupe de marcheur progresse sur l'arête, devant le val de la Compôte et le Mont Colombier.



Nous abordons les rochers de l'arête sommitale, belle échine calcaire toute facile, très amusante et large.


Des rochers lapiazés, on commence à voir le Mont Blanc, surlequel la furie des vents et des nuées ne décollère pas!


Patrick à l'abri des vents



On entrevoit le sommet au fond de ce parcours sympa.


On peut même corser un peu le passage par une mini cheminée pas exposée!!
N'est-ce pas Patrick?!


Et voilà le summit!!2181m..La tronche très classique d'un sommet Bauju, on se croirait à l'Arcalod ou au Colombier, c'est assez semblable

Il y fait très froid en ce jour et on ne tient qu'à l'abri du vent de l'autre côté!!!


La vue sur la Dent d'Arclusaz devant la Combe de Savoie, perdue dans les nuages, avec Belledonne au fond. Remplacez ces nuages par des glaciers, baissez un peu mentalement l'altitude de ces glaciers et vous aurez une idée d'à quoi ressemblait la dernière glaciation.


Sommet de perchoir, perchoir du ciel.


Difficile de tenir face au vent, on mange comme on peut et les photos sont prises avec une certaine difficulté de tenir en place!Nous ne sommes pourtant pas seuls au sommet, avec en ce jour, pas mal de gens qui vont visiter l'un des plus célèbres 2000 bauju.


Vue sur la Maurienne, les Aiguilles d'Arves et les Ecrins



La Croix du Trélod au look quelque peu breton, enfin disons marin, quoi..
C'est pourtant une donation baujue, de la commune de Doucy.


Bon allez on arrête les frais, on va finir en glaçons...Nous décidons de descendre, continuant notre traversée vers le Nord, contournant le bloc sommital puis reprenant la crête ou l'on retrouve par parralèlisme les marnes du Séquanien et les pelouses paturées qui vont avec..


Direction, un joli col bucolique, puis la Dent de Portes. Cette marche est adorablement panoramique et bucolique.


Le sommet vu d'en dessous.Voilà pourquoi en été, un contournement est plus ou moins nécessaire.


Nous suivons la logique de ces crêtes marneuses, en direction de l'ensemble de la montagne du Charbon. Grands Espaces, moins de vent, moins froid, ça devient très, très agréable.


Et voilà la Dent de Portes, petite aspérité calcaire que nous allons faire en cours de route, retrappant à la descente le sentier que vous voyez par un petit raccourci terreux.


La crête qui y accède est très sympa. Somme toute, c'est toujours sur la même crête que nous sommes depuis plus de deux heures!

Le sommet s'accède par une petite-vire sentier légèrement aérienne. Un seul pas très simple est exposé, mais rien de méchant.

Un petit cairn sur ce promontoire sympathique et vertical de l'autre côté


Vue "Grands Espaces" sur le Trélod et l'ensemble de la fameuse crête que nous avons suivie!


Le massif du Mont Blanc, pris au télé, dans sa masse de nuages et de vents. Les conditions semblent y être très rudes.


L'Arcalod se fait un peu accroché par les nuages.


Le sentier contourne à la descente la dite Dent, avec ses calcaires compacts élancés.


Ils ont même une patine bleue très jolie, alors que nous prenons le large passage à ses pieds, avec l'échine du Roc des Boeufs pour fond.

Nous traversons ensuite la lumineuse forêt de feuillus à ses pieds pour rejoindre le parking et le vallon de Doucy.
Descendre la route dans ce cadre bucolique est finalement assez agréable, surtout qu'il n'y a pas grand monde qui circule à cette heure.

On reconnait les hauteurs "perchées" du sommet du Trélod, forteresse bien gardée!


Sympathique maison baujue dans la non-moins charmante commune de Doucy.


Alors que nous arrivons au hameau de départ, on retrouve, cette fois-ci dégagé des nuées, la zone de la montée, juste derrière la Dent de Pleuven, dans ces espaces si diversifiés, si ressourçant.

Traverser le Trélod, ce n'est pas rechercher un quelquonque défi, c'est avant tout pénétrer dans une forteresse perchée aux hauteurs vastes, à la fois bucoliques et prononcées et saisir un peu l'âme de ce massif, dans sa diversité, sa générosité. C'est vivre un moment "suspendu" où c'est la parenthèse qui devient l'essentiel, celui de respirer et de vivre le bonheur sain d'être tout simplement en montagne.

Par Nico Strider(texte et photos),