mercredi 26 septembre 2007

Sept Laux-Belle Etoile : une rando "made in EDF"

Bon, je reconnais. Tout ça n'est pas très mystificateur, mais le plateau des sept Laux est certainement le seul endroit au monde où les aménagements (hydroélectriques en l'occurence) d'EDF parviennent à magnifier dame Nature. L'endroit est tout simplement magique : une vaste étendue de multiples lacs sublimés par la couleur et la pureté des eaux de montagne, contrastant avec les alpages jaunissant et la minéralité des hauts sommets alentour.. C'est en tout cas plus charmant qu'une facture au fond de ma boîte aux lettres !!

J'avais pris connaissance des lieux lors d'une randonnée automnale l'année dernière avec Strider. Je savais que l'endroit plairait à ma doucétendre Manue donc tel un voyage de noce avant la noce (tu verras chérie, l'eau y est plus pure qu'aux Seychelles), nous voilà parti pour 2 jours là-haut avec une nuit au charmant refuge. Au fait, avant toute chose, il ne faudrait pas se leurrer lourement : il ne s'agit pas là de la proche station des 7 Laux, car c'est elle qui a commis cet abus de toponymie en chippant ce nom !!

Premier jour : commence donc l'interminable montée au refuge (presque 1100m de D+ quand meme). On traverse tous les étages alpins puis on arrive sur le site féérique. En témoigne déjà le coucher de soleil :





Le lendemain, direction le Pic de la Belle Etoile (2718m), magnifique sentinelle au dessus du plateau et bélvédère incontournable des Alpes du Nord. On prend de l'altitude au dessus des lacs

Là il on entre vraiment dans le domaine minéral (qui prend le dessus à relativement basse altitude dans le massif de Belledonne)


S'il fallait trouver une difficuté à cette rando, elle serait surtout d'ordre moral. En effet, depuis le refuge, il ne faut compter que 600m de dénivelés, mais entre un long replat le long des lacs et la traversée du plateau de la belle Etoile, le tout dans les caillasses, on en finit plus.

Il n'y a pas de sentier, la montée dans ces pierriers est fastidieuse. Je sens que Manue fatigue un poil (faut dire aussi qu'elle tient un sacré rhume). je sais que dans ces moments-là, il faut user de psychologie......et bing !!, je sombre bêtement dans les affres de la plus ridicule bêtise humaine en lâchant ce p'tit "On est en train de bouffer l'horaire !", qui aurait bien pu me valoir un lâcher de moraine sur la gueule voire pire, une redescente pure et simple. Ouf ça va !! Manue ne relève pas trop, d'autant plus qu'elle sait très bien que rien ne presse, et qu'en plus, on est parfaitement dans les temps.

Enfin, on arrive au sommet, carrefour des bassins chambériens et grenoblois. Des arêtes typiquement belledonniennes, en direction du pic des Cabottes



Manue telle une fraise "tagada" dans ce monde minéra



L'arête qui courre jusqu'à la dent du Pra (une rando sûrement exceptionnelle), avec Grenoble en fond


1700m plus bas : la bagnole:


Du sommet, la vue est imprenable sur Belledonne Nord (Puy Gris, Rocher d'Arguille,...) avec un truc blanc au fond:


Manue domine fièrement Grenoble:


A la redescente : le tryptique local (Rocher badon, Rocher blanc et Pyramide, le tout à près de 3000m)


Manue à la lutte avec les éléments minéral et éolien :



La Pyramide, un des plus beaux sommets du monde, se reflette dans une gouille du plateau de la Belle Etoile

Si, si, c'est le plus beau sommet du monde. La preuve:


En arrivant sur les lacs, prédominance du milieu aquatique:



Un p'tit coucou à ceux qui bossent :


A la redescente, on se jette dans le cul de la Vieille (oui, ben c'est comme ça que ça s'appelle,.....!!)


Dans les bois, beautés empoisonnées ou village des schtroumpffs ??



Voilà, je tiens à féliciter Manue qui n'aurait sûrement pas achevé cette rando physique il y a quelques années de cela !!



Par Sylvain Visse,

mardi 18 septembre 2007

Faja de las Flores y Goritz : Ordesa , Aragon

1-2 septembre 2007




Gilles à l'initiative me proposa de faire la vire du Parc National d’Ordesa,

avec un bivouac sur la vire appelé en espagnol " Fajas de las Flores ".

Et voila donc ce samedi matin nous partons de Marestaing pour Torla en Aragon,
par le tunnel de Bielsa.

On a de la chance il doit fermer pour travaux le 11 septembre jusqu'à la fin de
l'année pratiquement, plus tard c'était fichu.


La route est interdite aux voitures jusqu'au parking de la maison du Parc
National du Mont Perdu.
Des bus Navette et un parking payant sont à Torla.
Nous laissons vers midi la voiture à la sortie du village de Torla, pour
économiser sur le parking, les 7euro95 la journée sont très dissuasif.

Nous avons le temps puisqu’il est prévu un bivouac le soir, et la journée est
encore longue.




Alors on emprunte à pied le GR15 depuis Torla, le long du torrent qui descend

du Canyon d’Ordesa.

Très jolie ballade ombragée dans les hautes futaies des forets denses du fond du
canyon.
On rejoint le Gr11 qui descend du refuge de Goriz.





Beaucoup de cascades signalées pour les touristes.









Après deux heures de marches nous rejoignons Pradera terminus du bus et début
du Parc.


Nous faisons le plein d’eau…faut assurer l’autonomie jusqu'à demain matin.







De là on suit la route bitumé pour enfin la quittez en s’enfonçant à travers les bois qui recouvrent avec abondance les flancs des pieds des hautes falaises qui n’ont rien à envier au Verdon.


C’est l’après midi la monté est rude pour Pastriste et Gilles dans les sous bois sans un brin d’air.

Il fait très chaud, surtout du coté espagnol, grosse différence depuis que nous avons passé le tunnel de Bielsa.

Petite sieste dans les bois, pour attendre que le soleil bascule un peu et que nous ne soyons pas à ça merci lors de la monté dans la falaise.





Nous sortons de la foret un peu plus tard, pour traverser le lit rocheux d’un torrent presque à sec qui tombe des falaises.











Ce sont probablement des calcaires très stratifiés avec des plis très serrés.




Plus haut, nous atteignons le point de décision, Clavijas ou Paso de la Fajeta, c'est-à-dire prendre une via ferrata constitué de barre en fer espacé planté dans le roc vertical ou une vire expo avec un peu de grimpe.

Bon on est montagnard on va gouter le vide avec les Clavijas.










On débouche sur un palier herbeux légèrement incliné le Rincon de Salarons…..et à partir de là


Bé on c’est planté….ben oui…dans toute cette et ce topo clair comme du jus de chaussette.

On cherche un soit disant podium rocheux couronné d’un cairn…et bé des podiums rocheux ce n’est pas ce qui manque autour de nous….

Enfin c’est ainsi que j’eu le privilège de faire un tour au sommet du Tozal del Mallo.

Pendant que Gilles se cassait la tête sur le topo….

Superbe vue sur notre destination à l’opposé du chemin que nous avons pris….

La Punta Gallinero, ou la Faja de las flores est bien visible et nous nargue depuis sa hauteur vertigineuse.



Au milieu on distingue une barre calcaire très compacte autour de zones marneuses : cette barre correspond à une mer à cette période, peu profonde, 100-200m max avec probablement des coraux et beaucoup de plancton. Les niveaux marneux (argileux) correspondent souvent à des périodes où la mer où se sont sédimentées ces roches était plus profonde.


On voit bien une barre calcaire très probablement récifale, voire corralienne:

Remarque cela m’as permis de faire un joli sommet et de rencontrer un troupeau d’isards peux craintifs.


Gilles à récupéré le balisage et monte comme une flèche, j’ai compris il veut être à la vire avant la nuit.

L’ombre est sur nous, sauf que moi je souffle comme une vieille loco, arf arf…je me pose toute les cinq minutes….bon j’ai déconné à vouloir économiser l’eau….suis déshydrater….

Enfin je voie Gilles qui m’attends la rampe d’accès à la vire est là….2450m objectif du soir atteint.

Nous nous installons pour la nuit sur un espace étroit bordé par une petite murette de caillou.

Les choucas vas viennent au dessus de nos tête, on entend leur battement d’ailes, le plic ploc de l’eau qui suinte ici là en venant du plateau nous berce toute la nuit.

Petit réveil frileux…et hop on repart il faut s’engager sur la vire au petit matin, le spectacle est grandiose….dommage que je n’ai pas de grand angle pour ces panoramas exceptionnels au bord d’un gouffre vertigineux.






Ce n’est pas dur ni technique….mais t’as pas droit à un seul faux pas sinon c’est presque 1000 m de vide tout droit gulps.



Ce type de vire, qu'on appelle "sangle" en Chartreuse, est généralement callée sur un interstrate où la roche est plus fragile, créant ainsi une érosion "différentielle", un creusement vis à vis des roches plus compactes autour.




L’ambiance est prenante….


La vire se parsème de tapis d’edelweiss à profusion.






Nous doublons plus loin la falaise pour basculer versant Est ou nous accueille avec sa lumière fulgurante le soleil levant qui accroche le Mont Perdu et tout les sommets de Gavarnie versant espagnol. Des Gabiétous, du Taillon la Brèche de Roland, le Casque ou j’ai dormis avec Gilles et Régis l’an dernier. Puis La Tour, les sommets de la Cascades le Marboré et le Cylindre et enfin el Monte Perdido bien sec, la Soum de Ramon et la Punta de Olas.





En terme géomorpholigique on appelle cela des banquettes glacio-karstiques :


A la sortie de cette longue équipée sur fil de la falaise, une hermine joueuse vient tournicoter…

Comme dit Gilles c’est d’un curieux ces hermines….en tout cas c’est d’une rapidité et agilité désarmante….pas facile pour prendre en photo….




La vire laisse place à un immense plateau glacière totalement à nue et torturé de partout comme un squelette de vieux dinosaure dans un paysage lunaire sauvage.



Des lapiazs encore végétalisés



Splendides lapiaz toujours en formation


Les vieilles marmottes matriarches locales sont peux impressionner par notre passage.

Nous descendons sur le grand Circo de Cotatuero. Le chemin s’y enfonce pour descendre aux Clavijas de Cotatuero. Un isard s’enfui à notre arrivé.


Gros échauffement dans mes Népal, j’ai encore du les prendre car mes chaussures B5 estivales sont pas encore arrivé, zut…..Alors la journée sera ponctué de halte ou j’enlèverai chaussure, chaussette et semelle au grand air….au secours ça crame dedans.

Gilles propose de ne pas descendre dans la vallée puisque ce n’est que 13 heures.

A la place nous montons par un col sur le plateau rocheux et aux aspects volcaniques.

Tout est en palier et terrasses naturelles sculpté par l’érosion, en gros faut trouver à chaque fois le passage pour passer d’un étage à l’autre.




Nous gagnerons ainsi le grand plat d’un lac assécher ou est la station météo , juste après une marmite glacière creusé dans le plateau à la dimension titanesque.



Cirque avec des superbes banquettes glacio-karstiques qui s'alternent en terme de dureté suivant les ages sédimentaires. Un relief s'apparentant à une doline au fond? Ou bien un surcreusement glaciaire ?







Ce sont de très beaux calcaires fins très compacts avec dessus ce je "suppose" être des résidus, peut être des silex, ou bien d'autres types de roches plus clastiques?

Nous rejoignons le chemin qui descend de la Brèche de Roland.

De là nous allons par des vires et balcons sur le refuge de Goriz au fond du cirque de Goriz.

Ce Cirque est bizarre les hauteurs font pensé à une toiture ajouré de tuile plate géante de roche.

Toujours ce paysage de délaissé glaciaire formé de superbes étendues de dalles structurales des roches calcaires, de banquettes glacio-karstiques, de couche marneuses ébouleuses et de lapiaz plus ou moins formés.






Au refuge Gilles m’offre la bière, car il à vu que 3h 30 de descente nous attends jusqu'à Pradera.

Un peu tard pour s’arrêter dans un troquet à Torla.

Alors ce sera deux Estrella au refuge.

Peut être un val perché sur un ancien plateau karstique?


La descente commence par une barre avec des Clavijas et des chaines, enfin pour ceux qui veulent prendre le chemin le plus court.

Sinon il y à un col et 30 minutes de marche de plus.

Là nous rejoignons le domaine des promeneurs familiaux du dimanche un sentier empierré les amènent jusqu’à un pont et une grande cascade en dessous des barres.

La descente est interminable, mais très belle, de joli vasque verte et bleu, des cascades, les parois des canions très aériennes et finement sculpté….il y a du monde …de tout des enfants, des personnes âgées.

Une fois rejoint le parking pour prendre la navette pour Torla, moi et Gilles éreinté par la longueur de la descente nous trouvons tout ces promeneurs espagnols bien vaillant.

Sur la route du retour, les autres Canyons, Aniscle, Pineta, nous apparaissent comme de future tentation et sorties.

Pastriste et Gilles.

commentaire géologique de strider