mardi 21 août 2007

Etape 4 : Sur un air de Réchasse....

Texte : HYDRA


Photos : Hydra & Cyril


Nous voilà donc parti avec Karine, Cyril et Laurent (pour sa deuxième course) vers cette objectif que beaucoup considère comme une belle initiation à l'alpinisme. La réchasse présente 800 mètres de dévilés depuis le refuge de Félix Faure et un tout petit glacier.

En dehors de cet intérêt pédagogique, cette course offre de surcroit aux fétichistes de la Grande Casse une belle occasion d'assouvir leurs pulsions.



Pour finir, ce sommet me permettrait de me rendre compte de visu de l'intérêt d'un P5 top secret pour la fin de la semaine....



La montée depuis les Fontanettes offre en perspective un dénivelé plus important (autour de 1400 mètres) qui va corser un peu cette course. La montée au col de la Vanoise est un peu l'équivalent de la montée au refuge du glacier blanc. C'est un beau chemin, hyper fréquenté. Cependant, les charmes de la Vanoise, rendent ce coin inégalable.


Dès la première heure de marche, la face Sud de la belle (voie normale des Grands Couloirs) attire tous les regards.





Au passage, hyperphotogénique du Lac des Vaches, la Grande Casse offre à mon avis, ses plus beaux attraits (mais pas de bol !, il manque les vaches aujourd'hui)





Pourtant, c'est bien la Réchasse notre objectif. Depuis le col de la Vanoise, elle présente une face nord sympathique avec son petit glacier débonnaire.



Mais ce n'est pas elle que l'on regarde.....allez savoir pourquoi !



Après le refuge, la difficulté de la course est de trouver le bon chemin dans un dédale de cairns.
Je décide de partir bien à droite car Laurent n'a pas de crampons, et donc de traverser intégralement l'arête.






Du coup, on arrive aux rochers du Genepy, point de départ pour le Dard, le Pelve et la traversée des Dômes. Vu l'heure tardive, nous sommes bien seuls.



Décidément......c'est plus fort que moi !!



Le début de l'arête est délicat, et offre dès le départ, deux passages d'escalade en libre, faciles mais un peu aériens (dont l'un dans un tas de quartztites blancs terribles....). Le glacier de la Réchasse a bien reculé depuis ma dernière visite dans le début des années 90, ce qui a transformé quelques peu cette course.





En suivant ensuite tranquillement l'arête, on parvient au sommet, où une vierge nous attend.





Elle aussi regarde dans la bonne direction, même si cette face Sud Est de la belle ne la met pas en valeur....





Pour faire plaisir à Strider, on jette un coup d'oeil sur la Maurienne. La vallée de Termignon est bien chargée.




Par contre, le Dard et le Pelve sont encore au soleil, et ont l'air débonnaires vus d'ici....







Quelques photos pour la gloire.




NB pour Pastriste : j'ai dû mettre mes Kaylands car la partie d'escalade de la veille avec François m'a détruit un orteil. Du coup, le matin, c'était impossible de mettre mes High Roc de chez Millet.






















Pendant notre pause déjeuner, les nuages s'accumulent. Ils viennent (on s'en serait douté) du Sud Ouest, donc des Ecrins (ça change) . Nous sommes donc contraints pour éviter tout rique d'orage à descendre au plus vite.







Afin d'éviter les pas d'escalade délicats de l'arête, nous optons pour une descende côté glaciers de la Vanoise, même si Laurent n'a toujours pas de crampons.





Vu du Sud, la Pointe de la Réchasse ne ressemble à rien du tout....




Alors que dès qu'on bascule côté Nord, elle reprend un peu d'allure.



En cadeau à Laurent, la Vanoise lui offre un joli spectacle : ses premiers bouquetins.


Nous terminerons la descente côté Grand Marchet. Cette descente nous change de l'itinéraire classique, mais ce chemin, plus court sur le papier, se révèle excessivement fastidieux. Formé de lappiaz, ce secteur est plutôt casse gueule, le chemin est moins large et donc moins carrossable. On y perd un temps fou, limite à râter la fermeture des bars de Pralo.....


Le soir, tout le monde est bien fatigué. Mes Kaylands m'ont bien remerciée de les avoir sorties de leur boite en me faisant 2 jolies ampoules au talon.



NB pour Pastriste : ce problême d'ampoules a été causé par un mauvais choix de chaussettes au camping. En effet, en prenant des Columbia, j'aurais pû éviter ce problême, que je ne connais pas avec les Millet.


si vous voulez visiter le lien pour cette course :

Etape 3 : Magie du Grand Bec

Texte : HYDRA

Photo : Hydra & Cyril


Ce samedi, le moral est revenu dans l'équipe avec le soleil et la superbe rando de la veille au lac des Echines. De plus, une sortie au Grand Bec est prévue pour le lendemain ! A cela s'ajoute la perspective de recevoir François le dimanche soir et donc de déguster de fines appelations....Sauf si ce dernier se perd avec Visse et Alban à la Grande Sassière !




Nous avons un compte à régler avec le Grand Bec, montagne dans l'ombre de la Grande Casse mais dont la voie normale est plus technique que celle des Grands Couloirs. En effet, il y a de cela deux années, nous y avons pris un but, bloqués sous la rimaye à 100 mètres du sommet...GRRRRRR !!!!!


Mais en ce début de matinée, c'est l'heure du ménage au camping, où l'on profite du soleil pour faire sécher les affaires. Les heures s'écoulent doucement. Voilà enfin 15 H, l'heure H pour monter au refuge des Plans des Gouilles.



C'est un WE particulier pour les Gouilles car ce WE a lieu une course de trail : départ de Champagny le Bas, 5 km de route, traversée du camping, montée (900M) aux Gouilles puis redescente des 900 mètres avec l'arrivée au camping tout en bas.....les meilleurs mettent 1H20 environ ! Des dingues pires que les frères de JC !!!!........



Comme d'habitude aux Gouilles, le coucher de soleil est superbe dès qu'il y a un peu de nuages...le ciel revêt des tons cramoisis, des fushias et des mauves extraordinaires.



Nous sommes peu nombreux au refuge : une famille qui fait une rando le lendemain dans le secteur, un groupe allant au Grand Bec comme nous avec un guide de Paisey Nancroix, et un photographe d'Alberville venu pour photographier les compétiteurs de la course du lendemain...




Le chef fera honneur à sa réputation en nous servant une bonne polenta aux Diots....il y a des jours comme ça !



Mais l'heure est venue de rejoindre les bras de Morphée, nous nous glissons donc dans les couettes moelleuses du dortoir, où nous allons passer une très bonne nuit (c'est plus facile à 6 dans le dortoir)......






Le lendemain, à 5 H, le temps est au beau fixe. J'ai un peu de pression avec cette cordée menée par un guide et je préfère partir le premier. Il fait un peu frais et nous suivons le sentier qui est très agréable, pour une marche d'approche, jusqu'au moment où celui si vient butter sur la moraine. Là, il se redresse et louvoie entre les blocs : c'est une autre paire de manche. Nous parvenons à suivre le bon chemin, alors que le guide s'égarre en partant sur la moraine opposée. Cela nous fera un peu d'air en nous donnant plus l'impression d'être suivis à la trace....


Nous chaussons les crampons au col de la Becquetta alors que le soleil se lêve du côté de la Grande Sassière. Je pense à ce moment à nos amis Alban et Visse qui doivent bien s'amuser dans leur coin au pied de la Sassière.....




Je n'aime pas beaucoup ce passage entre le col et les premières pentes de glace, car c'est une zone très crevassée exposée de surcroit aux chutes de pierres.





Nous avons la chance de suivre une bonne trace de la veille. La neige, pas regelée, porte bien quand même, même s'il faut améliorer la trace antérieure.








Le soleil gagne vite de la hauteur et la pente se redresse inéluctablement. Le moment fort de cette course est le franchissement d'une petite crevasse nous barrant le chemin. Je pose une broche sur la lèvre supérieure pour assurer le pas et franchis l'obstacle en gagnant quelques pas sur une pente à 45° bien en glace à cet endroit. Karine s'entortille les cordes au niveau de la dégaine ce qui provoque le retour du guide sur nos basques....






La trace continue en effectuant des Z superbes dans cette neige quasi vierge et arrive enfin au point crucial : la rimaye. C'est le moment d'une petite pause et des consignes de dernière minute afin de bien franchir l'obstacle qui nous avait coûté le sommet il y a deux ans !


Mais cette année, la Vanoise est avec nous, et la rimaye passe très bien en plein centre. Juste de quoi faire accélerer le rythme cardiaque au passage critique.


La rimaye franchie, je suis pris de frénésie avec l'envie d'atteindre l'arête le plus vite possible afin de voir de l'autre côté, versant Pralognan. Cette arête de neige est très esthétique et beaucoup moins exposée que celle de Bionassay.

Mais le Grand Bec ne s'avoue pas battu aussi facilement comme celà : il nous oppose sa dernière difficulté : une petite escalade suivi d'une petite crête de neige un peu aérienne....


J'enlève mes gants et protège "l'ascencion" (II voire III max) avec deux sangles et hop, le sommet est à nous !



La vue est immense côté Tarantaise sur la vallée de Pralo.




Mais aussi sur l'enfilade: Vallonet, Volnets, Glières, Epena, Grande Casse. Cette dernière a l'air plutôt en condition cette année pour un mois d'aôut. C'est con comme tout, mais je n'ai pas pû remettre mes gants qui sont dans mon sac. L'étroitesse du sommet et les anneaux de corde me dissuadent de vouloir les récupérer....du coup je me gèles les moignons.



Cyril et Karine sont aussi heureux que moi de cette belle revanche....

La vue côté vallée de Bozel est éloquente....le Grand Bec reste le Seigneur indéboulonnable de cette vallée.


Je préfère quitter le sommet et reprendre des forces sous le piton rocheux qui offre l'avantage d'être protégé de ce vent glacial. D'autant qu'il faudrait laisser la place à la cordée du guide qui ne devrait pas tarder.


J'en profite pour défier de Mont Blanc du regard, car c'est le prochain objectif majeur des Chamoisards. JC y a planté il y a une semaine une petite bandérille, mais c'est à Alban, Flo et moi d'achever le bestiau. Ca risque de ne pas être de la tarte, mais l'Alban en ce moment doit faire des bons globules sur la Sassière.



La vue est belle sur les Glaciers de la Vanoise également, ou le Dôme de Chasseforêt trône royalement. Seule au loin une petite ombre noire semble le défier plus au sud. Mais qui est cette impertinente ?




Côté Maurienne, la vue est moins ouverte du fait de la Grande Casse qui bouche bien l'angle.

On en profite tout de même pour admirer les ourlets de neige sur la crête.




Cette fois ci, il faut vraiment y aller, je demande à Cyril d'aller jusqu'au premier point. Il se lève et disparait dans l'arête. Il est bloqué par le guide qui est déjà là. Chassé-croisé dans l'arête. Pas facile sur l'arête de neige terminale quand la cordée d'en face, même pas prioritaire, marche sur ma corde, impunément, avec leurs beaux crampons....GRRRRRRR !!!



La désescalade se passe bien et nous nous offrons une pause saucisson sous le rocher, bien à l'abri du vent.



Nous préférons descendre par l'échine, sur la rive droite du glacier. Ce parcours présente l'avantage de squizzer la crevasse sous la pente de glace. Et aussi d'admirer le beau glacier des Volnets.




En moins d'une heure, nous gagnons le col et pouvons contempler les traces du matin.



C'est enfin le moment d'enlever corde, crampons et baudrier et de s'offrir une pause royale au col de la Becquetta, en toute sécurité.



Mais la vue sur les deux faces de la Grande Casse (face nord et sud) reste exceptionnelle.

La redescente au refuge ne sera qu'une formalité. La sieste sur les croupes herbeuses du refuge un réel plaisir. Par contre, les 900 mètres entre le refuge et le camping seront comme toujours redoutables !

Mais la perspective de connaitre enfin François me donne du coeur à l'ouvrage....

Le loustic nous rejoindra à Pralognan, en plein durant la fête des guides, avec ses deux fistons, dont un qui est la réincarnation d'Harry Potter, ou de Garcy More, je ne me souviens plus.....
Il restera parmi nous jusqu'au mardi. Le temps de faire un chouette petit repas le lundi soir avec un ami de Cyril, Laurent, de passage dans la région en visite éclair.




Ceci nous laissera juste le temps de boire le Marsannay que Visse a oublié.....éh éh éh !!! un bon Jurançon sec (Domaine de Montesquiou) et un truc pas terrible (à gauche sur la photo) que Visse a dégoté on ne sait pas trop où, à Beau je lait on dirait, ou dans un autre bled pas très loin (une piquette à oublier rapidement en tous cas !!!! ;-) ).


Merci encore une fois à la Vanoise pour cette belle journée....ah, il ne me reste plus qu'a appeler Alban pour savoir comment s'est passé son ASCENSION de la Grande Sassière....

lundi 20 août 2007

Etape 2 : sortie SKI RANDO au lac des ECHINES dans la vallée de Champagny

Texte : HYDRA

Photos : Hydra & Cyril



Au lendemain (le vendredi) de notre terrible journée aux Ecrins, nous nous réveillons dans le cadre enchanteur de la vallée de Champagny. Le bas de vallée est sous les nuages, mais le fond est en plein soleil.


Ces paysages enneigés et ensoleillés nous attirent. Nous décidons en trois temps trois mouvements pour une fois, à partir en rando. Je choisis le Lac des Echines qui devrait nous offrir un joli panorama sur les faces nord des plus hauts sommets de Vanoise : Grande Casse, Gande Glière, Epena, Volnets, Vallonet et Grand Bec



Le vallon partant pour le refuge de Plaisance est déjà bien plâtré, et la cascade du Py crache ses eaux avec fureur.




Le sentier partant du Laisonnay est débonnaire et nous offre un très beau panorama sur la Grande Motte.



Mais le lac des Echines est rapidement sur notre gauche, 700 mètres au dessus de nous. Nous n'avons pas le choix : afin d'éviter un long, très long détour par le sentier-chemin, nous tirons "dré dan'le pentu".



Nous passons entre d'étranges monolithes, qui pour une fois, n'ont pas l'air d'être de la famille des micaschistes (ouf !), ce serait plutôt des conglomérats. La pente se redresse furieusement, et nous débusquons un renard en train de chasser un chevreuil....La neige devient maintenant omniprésente. Je regrette de ne pas avoir emmener mes raquettes, elles auraient été utiles pour cramponner dans ces pentes à 45 °.....





La vallée du côté de Bozel se remplit de plus en plus de lourds nuages, mais pour le moment, côté Grande Motte, le soleil s'en donne à coeur joie !




L'Epena et la Grande Glière ont des aspects hivernaux : superbe !


On se croirait en plein hiver lors d'une belle journée anticyclonique.


Enfin le Lac des Echines. Il n'aura pas volé ses 800 mètres de dénivelés celui-là : le point de vue est superbe avec les faces Nord qui se reflètent dans ses eaux calmes.




A la descente, nous traversons les vastes prairies de la Vallaisonnay, où quelques fermes produisent l'un des meilleurs fromages de la région. La neige a bien surpris les troupeaux.






Par contre, les cochons (futurs diots) se moquent de la neige comme de leur première paire de spantiks....





Nous redescendons vers le Lac de la Glière, où le vert reprend un peu ses droits. Le panel de couleur est incroyable.




Pose bien méritée à la Chapelle de la Glière !



Priez pour nous et nos diots quotidiens....





Entre les nuages, mon rêve secret apparait pour un futur projet....





La faune et la flore tente de tirer partie de ces conditions surprenantes.










Merci encore à la Vanoise pour cette journée incroyable.