mercredi 13 juin 2007

Aux abords du Thabor

Par Sylvain Visse et Manue,

Pour ce WE rando, le cahier des charges était précis : il s'agissait d'aller marcher dans la neige, avec pour maître mot le plaisir, c'est à dire sans souffrance et avec un étalon-risques objectifs proche de 0 !!
Pour cela, le Mont Thabor semblait tout trouvé. J'aime beaucoup ce massif, car il est très ouvert et riant :


Toutefois, quelques beaux sommets individualisés crèvent l'écran:
de g à d le Mont Thabor (3178m), le Pic du Thabor (3207m) et le Cheval Blanc (3020m).

Avant le refuge, nous arrivons au col de la Vallée Etroite:
celui-ci ouvre sur une curiosité territoriale, puisque ce vallon a été annexé à la France après la 2eme guerre, mais il est dans les faits totalement italien, jusque dans le réseau de télécommunications !!


Arrivé au refuge, je prétexte un début de phlébite pour continuer de monter à ce petit sommet (2763m)

De là j'ai une belle vue sur le lac Rond:

ainsi que sur la gendarmerie du Grand Seru (2900m):

Sans oublier la "spéciale pour Strider" ;-) avec au loin la pointe de l'Echelle et la Parrachée.



Le Cheval Blanc se mire dans le lac Rond:

Au petit matin, c'est parti, direction le Mont Thabor, qui ne constitue en fait qu'un vague objectif, car on sait qu'on va brasser du potage avec cette douceur, et pour Manue, ce n'est que la 2eme "rando-neige" !!
Un p'tit coucou au charmant refuge, dominé par le Cheval Blanc, en érection "quartztitanesque"


La montée se passe sur une bonne sente jusqu'aux pentes terminales enneigées à partir de 2900m.

D'ailleurs, le Mont Thabor se prête très bien à l'initiation de la marche sur neige, car ses pentes sont très douces et régulières : on dirait qu'il s'est couché exprès pour permettre au simple randonneur de franchir la barre symbolique des 3000m.

Finalement, la neige enfonce moins que prévu. Il faut dire que j'appuie bien mes pas et je trace comme ça un véritable escalator digne du centre commercial de la Part-Dieu !!

La chapelle du sommet est en vue :


Finalement, on arrive à un col juste sous le sommet


Manue a vraiment besoin de faire une bonne pause, mais le problème c'est que des gros choux-fleurs ascendants bourgeonnent sur les sommets alentours et commencent à s'amonceler. Or une descente sous l'orage serait évidemment dommageable pour la notion de "plaisir" qu'on s'est fixé. Il faut garder notre marge-météo intacte !! Donc, là c'est le moment pour ma part de prendre le ton viril de la décision déterminée : "bon, ben si tu préfère on descend,...., enfin c'est toi qui voit,....quoi...!!"
Du coup, on entame la descente et, ironie toute montagnarde, tous les gros choux-fleurs se disloquent peu à peu et c'est le retour d'un temps indéniablement stable pour la journée.

Manue à la descente

-C'est chiant la descente dans la neige !!
-Tu veux qu'on remonte ??
-Non, non, non !
Bon le reste se passe sans encombre, sous l'oeil bienveillant de l'adjudant Giraffe:


Avec bien sûr une petite pensée pour tous ceux qui bossent leur mémoire ;-)

dimanche 10 juin 2007

Vélo au Cormet de Roselend

source baladeevasion.free.fr

Par Nico Strider,

Le Cormet de Roselend, un grand col alpin, classique parmi les classiques du vélo de route alpin. Puisque je ne peux libérer qu'une journée ce WE, autant y mettre un peu d'enjeux et profiter d'un bon entrainement cyclistique des jours précédents (notamment le col du Granier par Apremont) Du coup vendredi soir c'est décidé, samedi matin je prend le train de 6h20 avec mon vélo et à 7hO7 me voilà à Albertville. Il fait beau, c'est la fraîcheur du matin, c'est parfait pour démarrer, le Mont Charvin est en ligne de mire.

La montée à Beaufort est relativement facile. Elle s'est déroulé en bonne partie dans l'ombre, avec quelques lumières rasantes sur les forêts et les belles landes...en vélo on entre progressivement dans ce cadre bucolique et encaissé du Beaufortain. Je double un groupe de sénior à la première montée, sympas, ils me charrient, moi le p'tit jeune. L'ambiance est calme, les voitures, rares.

Emile Taillefer www.villagesdefrance.free.fr

Et me voilà à Beaufort, je passe devant sa célèbre coopérative laitière, ses superbes ponts fleuris sur le Doron, son clocher massif et puissant. Il est à peine 8h, la bourgade est encore plongée dans l'ombre (contrairement à l'image ici), l'ambiance est fraîche, tout est calme.

Allez c'est parti pour le "crux" de la sortie vélo, le Cormet de Roselend, un col parmi les plus esthétiques des grands cols alpins, étant très peu équipé.

Voilà ce qui m'attend (pour l'instant ;-) ):
les deux schémas source http://www.cyclos-cyclotes.org/cormet.html

Traduction : une montée d'abord dans la gorge d'entreroche, puis la grande pente forestière d'accès au col du Méraillet, principale difficulté du Cormet, puis une traversée autour du lac de Roselend, un verrou rocheux à passer et c'est les prairies finales avant le Cormet.

C'est parti! La montée dans la gorge traduit une rupture par rapport à avant, la route devient bien plus raide et sinueuse. L'ambiance est prenante : personne sur la route, et le qualificatif d' "entre roches" est clairement justifié, d'autant plus que ces beaux gneiss reçoivent leur premiers rayons, dans une couleur verdâtre.

A la fin de la gorge, me voilà inondé de lumière, au niveau de 2 virages. La rosée est très forte, elle miroite la lumière qui devient aveuglante, la végétation explose d'odeurs camphrées.

Après une traversée de nouveau me voilà face à la grande pente forestière du Méraillet : elle fait 600m de haut et 7 virages. Autant dire, de grandes lignes droites remontantes, plutôt sportives.

Mais voilà je suis en forme et je démarre à rythme soutenu, je ne souffre pas de temps mort, ma respiration est poussée mais harmonieuse, je maitrise l'effort. Le bon braquet fut d'ailleurs facile à trouver et presque inchangé. Je suis à l'aise à tel point que je dépasse largement deux cyclistes durant cette belle montée très homogène face à la superbe cascade venant de la montagne d'Outray. Je retrouve la lumière en arrivant au col du Méraillet.

Et là c'est le spectacle. Dommage que je n'ai pas de sac et d'appareil photo (sans quoi je n'aurai pas monté avec le même panache) Voilà le grand lac bleu du Roselend. On traverse à flanc au milieu des prairies face à ce belvédère bucolique et diversifié. Au fond, les contreforts calcaires autour du Cormet. La route est alors assez facile et reposante, vivifiante. Toujours pas de circulation. Le bonheur. Je passe comme un éclair devant la Chapelle du Roselend:

photo Christiane Pichard

Et maintenant il reste la montée du verrou, le "crux" final, visible sur cette photo:

source www.supphoto.net

La montée, facile au début, finit à 8 % puis un court passage à 9-10 juste à la sortie du verrou. On grimpe sous une barre calcaro-marneuse, avec une cascade assez élégante. Cette montée est plus facile psychologiquement qu'une montée en forêt, du fait de l'ouverture et de l'évolution du paysage. Aucun vent ne vient troubler la fête. Je tire un peu plus pour sortir les derniers mètres, choississant la danseuse sans quoi je finis par perdre de la force d'inertie et donc de la vitesse.

Me voici à un nouveau plan, celui de la Lai, avec un refuge CAF ; reste encore la montée finale dans les prairies, entre les torrents, furieux ce matin. Je fais un petit clin d'oeil au Mont Blanc, qui apparait en flash, puis dans le dernier virage où je ne perd pas de mon panache, j'embrasse du regard les hauteurs enneigées de l'aiguille du Grand Fond.

Et me voilà sur le plateau sommital. Oups, un troupeau de vache : c'est le jour de la montée en alpage!!! Les tarines sont vigoureuses et motivées.



source wikipedia

Victoire!!

Me voilà devant le panneau du col, purement et simplement heureux d'être là, dans un décor si bucolique et si calme, 2h25 après le départ d'Albertville. Et un nouveau col alpin de fait, et finalement sans grande difficulté pour le cycliste chambérien, en général bien aguerri par les reliefs autour de Chambé et ses raides routes. Autant faire durer le bonheur alors. Pourquoi ne pas descendre sur Bourg St Maurice et faire le tour? Justement je suis rejoins par deux cyclistes montés côté Bourg St Maurice. Super sympas, on discute entre cyclistes de montagne, comme en tant qu'alpinistes en haute montagne, c'est la même chose, en fait.

Ma décision est prise : c'est parti pour la vallée des Glaciers.


La descente est purement euphorisante. De quoi s'éclater en vélo dans ces superbes virages, entre les prairies et les grandes pentes. L'air est d'une pureté énorme. Et voilà en clin d'oeil le massif du Mont Blanc, et l'aiguille des Glaciers, de l'autre côté la Sassière. J'avance tellement bien en terme de gestion de la vitesse que je double largement un camping-car (la hantise du cycliste) Et me voilà dans le décor minéral grandiose et puissant de la vallée des Glaciers:

source geol-alp M.Gidon


La suite de la descente sur BSM fut tout aussi belle, face au Mont Pourri, s'extirpant des nuages. La seule difficulté : croiser tous les troupeaux qui montent en alpage sur la route, et éviter d'éclabousser les bouses en descente sous peine de ramasser!!!

Et me voilà trop rapidement à Bourg St Maurice. Il fait déjà plus chaud. L'ambiance change littéralement, l'espace est nettement plus urbanisé, tellement moins bucolique.
Mon erreur à ce moment-là est de ne pas avoir pris le train pour Chambéry à Bourg. En effet, j'ai pensé descendre la Tarentaise en vélo jusqu'Albertville. Cette descente fut des plus pénibles. Fortes circulations, passage d'un tunnel bruyant et noir de 1,8km de long (que j'ai voulu éviter par une route en cul de sac soit 80m de dénivelée à 10% pour rien) et surtout beaucoup de vent. A Moutiers je cherche la route pour Albertville et je perds du temps alors qu'il me reste qu'un peu plus d' une heure-vingt pour avoir le train de 12h48 à Albertville (sinon après c'est bien plus tard!!), ça sent la course contre la montre.

Après Moutiers sur les petites routes, la circulation est moindre, mais le vent (brise de vallée) souffle en rafale de 50-60km/h. La route normale évitant la quatre voie est très longue (plus de 30km) en faisant des montées et descentes fastidieuses, passant pendant un moment devant des usines puantes à la Léchère. Vers la fin c'est plus bucolique mais n'ayant pas eu d'eau pendant 30min avant faute de point de ravitaillement, plus de barres de céréales, et le vent redoublant, la souffrance et l'épuisement commence à apparaître dans les derniers km de contre-la-montre et la marge va être très serrée... après 110km et plus de 1800m de dénivelée positif je dois malgré tout aller au plus vite. Je m'accroche comme je peux, je sais que je ne dois pas m'arrêter sinon je rate le train et surtout j'aurai du mal à repartir.

En hypoglycémie en vélo, face à un vent en rafale qui t'étourdit, le décor commence à devenir un peu trouble, on ne sent plus très bien ses gestes. Mais voilà que je passe le panneau "Albertville" je n'en crois pas mes yeux, est-ce la fin?

Finalement j'ai pu prendre le train, avec plus de 5mn de marge, j'ai même eu le temps de prendre un peu de bouffe et de soda au distributeur. Re-victoire et finalement une victoire paradoxalement plus difficile que celle du Cormet qui a été avant-tout un plaisir. En tout cas cette excursion en vélo m'a rééquilibré quelques jours avant ma soutenance de Master1, me donnant le panache nécessaire. Et puis quel bonheur ce col!

mardi 5 juin 2007

Cueillette calcaire au col des Prés

Parti rejoindre Johanne et Nico Annapurna à Chambé ce dimanche en début d'après-midi, la météo exceptionnellement clémente pour un WE nous a permis de s'adonner à une session de grimpouille dans un joli petit site bauju, avant le col des Prés.


Voici les protagonistes : de g àd Manue, moi-meme, Johanne et Nico. Manque plus que Strider, qui est en train de faire fumer le bitume en vélo !!

Pour nous (Manue et moi) qui débutons l'escalade, c'est un vrai bonheur que de tâter du calcaire : c'est beaucoup plus franc et amusant avec ces multiples prises improbable dans des trous.




Manue a fait péter ses performances personnelles





Bon, pour Johanne et Nico, ça relève d'un simple "footing vertical"





Johanne à l'assurage






Strider arrive après 900m de dénivelé positif en vélo : étirements obligatoires ;-)




Et voilà, 2 facettes de ma gestuelle :

tout d'abord le style "BTP"



et le style "polka avec la roche"





Après avoir croisé Alban et sa family qui rentraient également d'une journée-grimpe, nous avons pris soin de nous délecter d'un remontant bien mérité






Enfin, autres temps, autres moeurs, voici l'illustration de la condition masculine moderne :-)



En tout cas une super journée !! Nous sommes rentrés sur Lyon enchantés !!

Merci à Johanne et Nico pour leur accueil chaleureux et pour nous avoir fait découvrir les joies du calcaire !!

Décidément, entre escalade, skirando et alpi, ma présence à Chambé me pose toujours une grosse banane au milieu de la figure !!

On reviendra ;-)


Par Sylvain Visse,

jeudi 24 mai 2007

Retour à l'Arbéron - en ski cette fois ;-)

Ha enfin un retour dans l'air pur de la Haute Maurienne...En ce temps de travail universitaire studieux, rien de tel qu'une fenêtre montagne pour se ressourcer un peu...Pour une courte mais bonne, coupure, la Haute Maurienne et la vallée d'Avérole vont s'en charger...
Nous voilà partis, Joce, Fred et moi, lundi après-midi pour le refuge d'Avérole, dans un temps un peu orageux, montant en basket, skis sur le sac, et chaussures autour des épaules..que c'est lourd! mais la grosse motiv est là.


Le village d'Avérole, si calme dans cette jeune verdure


Et nous voilà au refuge dans les pelouses à l'herbe pas encore renouvelée.
Il y a un bon petit vent bien frai ;-)


Nous y sommes seuls, pas un chat dans ce refuge!! Nous allons passer un bon moment
dans cet intérieur très "cosy"


Et voilà l'Ouille d'Arbéron!! Il fait 3564m..bon ben suffit de descendre dans le
vallon, passer le fameux pont suspendu et on doit pouvoir chausser après
-le haut semble encore bien platré-


Sa majesté la Bessanèse


Coucher du soleil sur les arêtes du Chatelard

Nous allons passer une très bonne nuit au refuge...Lever 4h30 : pas de souci, le ciel est clair.


20 bonnes minutes après le départ, c'est bon on peut chausser!!
La neige pas encore est mal regelée, bien pourrie dès le matin.


Plus haut le gel apparaît mais pas suffisant et la neige croute!!
Nous montons par le fond de la Combe, de manière très commode.


Lever de soleil sur la puissante Face Est de la Charbonnel 3752m


Le gel commence à être bon, la neige est dure. Nous arrivons dans les zones de moraines.


Les parties sommitales de l'Ouille d'Arbéron (Punta Arnès pour les italiens) sont encore dans la brume (vent W d'altitude assez frai rencontrant les masses d'air plus humides du Piémont, ça condense sur les sommets frontaliers ;-) )


Belle lumière au col d'Arnès


Joce et Fred, petite pause boisson aux alentours du Lac d'Arbéron


C'est parti pour la grande pente d'accès au glacier d'Arbéron


L'Ouille du Favre (3415m) très joli en cette saison


Et voilà le sommet de l'Ouille d'Arbéron, se découvrant de la brume.


Nous voilà sur le glacier d'Arbéron.




Arrivé sur la crête sommitale après une traversée à flanc, nous voyons le cirque du Baounet


Il a du vent bien froid!!!


Il s'agit de remonter en crampons la crête sommitale, très commode et jolie

On est plus très loin du but


Et voilà, on est en haut!


Joce a décidé de prendre les pentes de côté


Mont Blanc, Albaron et Bessanèse


Arêtes de la Pointe Marie


Le Grande Ciamarella (prononcez "Tchiamarella") et le Gran Paradiso


Joce arrive au sommet, Charbonnel au fond


Les trois ombres du super trio ;-)


Bon allez faut bien finir par descendre!!


Fred traverse sous la crête pour rejoindre le glacier


Joce perdu dans un clair-obscur


Fred en contre jour, sur le glacier et sous le sommet


Joce, vers 2700m


Ha les bonnes godilles dans la transfo ;-) On s'est bien éclaté


Fred vers le bas


Nous reprenons la combe de départ avec ses goulets...la neige devient
pourrie et demande un ski plus attentif et plus délicat


Ca y est c'est déjà fini, on revient sur la terre ferme après quitté les hauteurs blanches;-)


Le passage du pont, légèrement délicat en godasse de ski mais si joli et si ludique


Retour au bercail!


Revoilà le cirque d'Arnès et l'Arbéron


Nous préparons le départ en essayant de profiter au mieux du site


Plus bas, nous retrouvons la belle verdure de la vallée

Quel contraste de couleur saisissant ;-)

Serait-ce la dernière rando à ski, ce coup-ci?
La réponse est toujours la même : on verra bien !!!!!

merci à Joce et à Fred pour ces bons moments en montagne,

texte et photos par Nico Strider,