lundi 5 octobre 2009

La traversée de la Méan Martin

La Méan Martin, peu avant le lever du soleil, après une magnifique montée sous le clair de Lune, dans une athmosphère bien froide...Ce matin, nous allons traverser de part et d'autre ce sommet classique, où je n'ai curieusement jamais foulé les pieds...alors si c'est pas à ski, autant ne pas le faire par la voie normale.



Cette aube derrière les crêtes des Mulinets et de la Francesetti semble une belle promesse


Promesse tenue de l'autre côté!



Et subtile jeux de lumière sur le glacier des Roches, que nous allons visiter...



La montée est bien tranquille, la couche de neige est faible et ne masque pas les crevasses dont la lecture est assez facile à ce jour.



En face la pointe de Buffettes, que j'ai faite il y a quelques années, juste après mon stage d'alpi. Ma première course en autonomie, à l'époque...



Le glacier fait une jolie petite combe, avec au fond une selle pour accéder à l'arête Est du Signal de Méan Martin.


Mais conformément au topo, on a choisi l'arête Nord dont l'accès se fait par ce ressaut qui a franchement une sale gueule.

Fiez-vous aux apparences, dira-t-on, sauf que là les apparences collent parfaitement à la réalité du terrain, c'est même pire. Le terrain est expo, très pourri, difficilement protégeable, et on finit sur une vire insidieusement parée d'un joli tapis roulant de cailloux entre deux barres...Charmant, hé bien, on se tire vite fait de ce foutoir perché, et , c'est promis ,on y reposera plus les pieds. Le topo n'a peut être été pas au fond des choses...


Ouf, é finito ! Tant mieux. La vue sur le glacier ne manque pas de cachet.



En face le sommet de la Méan Martin, dont l'accès a l'air intéressant.



Cette arête facile ne semble belle qu'en neige, ce qui est heureusement le cas (vu son accès merdique, il faut bien une contrepartie!). Sa remontée s'avère un bien beau moment de cramponnage facile.



Contre-jour esthétique sur la Pointe des Buffettes



Itinéraire élégant et sans encombre...



...aussi joli vu en plongée...



Nous voilà au large sommet du Signal, avec cette vue sur l'arête Est qui, après l'expérience de la vire d'accès à l'arête Nord, devrait être considérée comme la Voie Normale!



Le sommet du Signal....



...et la vue sur l'arête Nord...



Nous sommes directement en face de la Pointe Charbonnel, qui en impose par sa puissante stature...



La crête d'accès au pied du ressaut final de Méan Martin est "fastoche", voilà le mot!





Au cours d'une courte pause, nous voilà survolé par un très beau gypaète, à l'envergure toujours impressionnante chez cette espèce. Ces vautours casseurs d'os ne fuient pas l'homme et ,très curieux, ils viennent souvent survoler les cordées ou les groupes de randonneur, ce qui augmente considérablement les probabilités de rencontre. Le silence paisible de leur vol harmonieux donne clairement l'illustration de ce que l'on appelle la "force tranquille".


Voici le ressaut sommital de la Méan Martin, taillé dans les ophiolithes, il a l'air assez sympa



Le rocher y est même assez bon, pour une escalade facile, peu aérienne et plutôt ludique



Fort joli passage en II, III bien agréable, et bienvenu pour épicer la course



Dans le passage...



Et les derniers mètres, toujours aussi aisés...



Sommet! 3330m pas bien difficilement atteints, mais pas de quoi être déçu par la variété de la course, si ce n'est qu'il aurait juste fallu prendre l'arête Est. Côté Nord le vent est très froid mais côté sud, le contraste est édifiant, avec un caractère tout à fait estival.


Dans le prolongement, la Pointe de Claret et les Pointes du Chatelard



La Face Nord de la Méan Martin a l'air intéressante par bon enneigement mais avec le recul glaciaire, il faut louvoyer entre les ressauts.


Cette photo illustre bien les contrastes d'exposition à cette époque de l'année



En contrebas, un champ de lauzes redressées ponctue le cheminement rando.



Ce versant sud est d'un débonnaire et d'une monotonie tels que ces lauzes redressées semblent trancher avec la vacuité de l'espace.



A la descente, nous décidons de prendre l'arête du Pisset, ayant des doutes sur le parcours glaciaire (nouvelle neige sur ponts de neige fragiles) et souhaitant profiter de la continuité de la crête dans la même logique.


Bien que franchement rando, le parcours présente des perspectives esthétiques sur la face Nord.




Plus bas, le parcours louvoie dans un très beau dédale de gendarmes bréchiques, à la couleur ocre très esthétique sur fond bleu.


Puis nous voici sur ce qui semble être la réplique terrienne du sol marsien, si on enlève les lacs.

Cette macédoine géologique (mélange de cargneule, d'ophiolite, de marbres et de schistes) a des allures de carrière abandonnée, ou encore d'un site pour les explorations lunaires de la NASA ! Cette vasteté, assez vide d'objets structurants, procure un calme intérieur profond et un ressourcement bien agréable.



Vasteté, tel est le mot...remplie par ces deux lacs...



Alternance assez amusante de calcaires et d'ophiolites...



Arrivé dans le large thalweg, la face Nord brille d'une lumière oblique typiquement de saison...



Cairn très esthétique devant le vaste plan d'alluvions



Et au fond le site bucolique du refuge du Fond des Fours, avant une descente riche en discussions avec cette imperturbable tranquilité du vallon, qui repose les esprits...


texte et photos © Nico Strider

De la Calabourdane au Pélaou

Il fait bien frisquet quand je vais chercher Pierre à la gare de Bourg, direction Val d'Isère et le Manchet. Une radieuse journée se prépare, la visibilité est excellente...Les contrastes de lumière également.


Nous montons vers le vallon des Fours, traversant le torrent homonyme, bien calme à cette saison. Entre le soleil et l'ombre, les contrastes de températures sont saisissants. Saison des contrastes...c'est pour ça qu'elle est belle.


Dans l'ombre, nous quittons le sentier, vers la combe de la Calabourdane, Rocher du Charvet au fond.


Ce vallon impose une montée assez raide dans un décor assez dépouillée...Patience...



Le haut est tout autant dépouillé avec quelque petits lacs pour diminuer la sensation de vacuité



C'est toujours bien sec pour ce mois d'octobre



Et nous voici sur la crête du Col de la Calabourdane, à plus de 3000m, en direction de la pointe de l'Arcelle


De l'autre côté, outre le fait que le glacier de la Jave, que je revois encore de mon enfance, a complément disparu, c'est d'une minéralité dépouillée telle qu'on se croirait sur la Lune.


Mais en face, puissants et étincelants, les sommets de Haute Maurienne viennent trancher avec cette austérité marquée...Ici l'Albaron et son élégante face nord.


La montée à la Pointe de l'Arcelle est facile, c'est vraiment rando.


Un peu de sensation de crête, si on cherche bien la cadrage.



Pierre au sommet, avec la Tsanteleina, au fond(dans un piteux état, la pyramide ocre...)


Voici la crête qui nous relit au Pélaou Blanc, point culminant du jour



Un peu plus d'allure mais cela se contourne avec une tranquillité déconcertante...



Derrière ces gendarmes de calcaires marbrés (plus joli que les schistes monotones) la masse énorme de la Grande Sassière



Autre masse énorme de schistes, la Grande Casse et la Grande Motte



Après un peu de caillasse plus raide, nous voilà au sommet du Pélaou Blanc, au soleil, il y fait presque doux...



Voici l'objectif du lendemain : la très classique Méan Martin



Beau cairn dans les marbres



Très beaux gendarmes de calcaires marbrés à la descente



Une belle descente varié pour ce sommet ultra-classique que j'ai du faire 6 ou 7 fois...



Par contre cette descente, je l'avais jamais faite, on y voit les contreforts plus compacts du Pélaou



La suite est assez bucolique...


...Jusqu'au refuge du Fond des Fours, où nous allons faire halte pour la nuit.

texte et photos © Nico Strider