vendredi 8 février 2008

Retour au Grand Chatelet

Le chalet des Pars sous une belle neige fraîche

Pour ce mardi, le BRA avait annoncé la couleur : un beau risque 4 en perspective, et pourtant une bien belle fenêtre de beau temps que Fred et moi avions décidé de ne pas râter.

Risque 4 suisse selon Munter pas de pente à plus de 30°, rapporté par principe de précaution au risque 4 français pour pas se prendre la tête, on va faire un truc tranquille et on attend plus le printemps pour les grosses randos.

Direction : le Grand Chatelet, dans le Beaufortain, versant soleil, au-dessus d'Aime. Je l'ai déjà fait l'année dernière mais c'est joli et assez pratique quand ça craint car c'est vraiment pas raide.

La forêt est dépassée en quelques minutes et nous voilà sur de belles landes panoramiques avec des superbes lumières en contre-jour. La neige devient une grosse poudre dans laquelle il faut tracer.



On se fait devancer par un raquettiste, qui partira plus loin vers la droite (vers Monvalezan?). L'instant de prendre ce contre-jour:

Nous entrons dans une zone d'estive où se trouve des chalets plus ou moins entretenues, plus ou moins abandonnés. En face, la silhouette un peu volcanique du Mont Pourri, avec un joli chapeau aujourd'hui.


Voilà le fond du vallon avec la Pointe de Gargan, l'Aiguille de la Nova, en roche plus compact au fond, et à droite le Roignais(2995m), dont la paroi striée à sa gauche (W) fait 1000m de haut!


Ambiance hivernale d'un bel albédo sur un beau manteau chargé:


En face, la pointe de Combe Bénite, convoitée cette année, et à droite le très élégant Crêt du Crey, qui dépasse les 2600m.


Jolie vue des pentes débonnaires de la croupe NW du Grand Chatelet qui abouti à un dôme à 2200m où sont autorisés de se poser les coucous locaux à certaines heures. Là on est à 1900m.


La Pierra Menta, reine du Beaufortain apparaît tranquillement à gauche du Mont Rosset tandis que l'on remarque l'état bien chargé des pentes plus raides, sous le vent, avec même des plaques visibles à découper au cutter.


Et nous voilà sur le haut de la croupe, en un collu devant la large du Mont Chatelet, face au "volcan-géant" local, le Mont Pourri. Idée pas totalement folle car il y a des roches d'origine volcanique (ophiolithique) dans les micaschistes compacts du Mont Pourri.


La Pierre Ment', elle est un peu comme les Aiguilles d'Arves, c'est un bout de conglomérat posé sur une stratification sédimentaire et le socle cristallin pas loin, le tout faisant de belles pentes variées.


Et nous voilà sur la large arête du Grand Chatelet, assez agréable. Un petit passage cargneulé qui semble avoir résisté à l'érosion avec le Mont Blanc derrière, dans la tempête.


En contre-jour, la montée est très élégante, la croupe se dessinant harmonieusement derrière.


Et voilà on arrive au sommet!


La vue sur Bourg Saint Maurice est assez sympa:


Le Roignais le quasi 3000m en maître des lieux :


Le versant E du Mont Rousset est très avalancheux surtout en ces conditions. Plein S c'est une croupe tranquille comparable à celle du Grand Chatelet:


A gauche la Pierra Ment', au dessus du vallon de la Balme avec son petit refuge, et à droite le Roignais et le véritable sommet du Grand Chatelet qui ne se fait pas couramment en cette saison l'arête cornichée et assez fine. Aussi la poudreuse nous a donné du fil à retordre pour monter le ressaut sommital, c'est assez dissuasif!


Le Seigneur de la Tarentaise :


A gauche, votre Serviteur et à droite Fred:


Voilà du sommet, la vaste croupe SW su Grand Chatelet avec cette lumière d'opale, avec au fond la Vanoise:


Après un picnic légèrement venté, c'est le temps de la descente.

Malgré une grosse peuf, on n'a pas pu se lacher question ski, car elle n'était pas portante ! en fait on skiait sur la surface dure du manteau compacté en dessous et celle-ci étant très irrégulière (soufflée avant) et cabossée, les micro-reliefs sont masqués par la poudre au-dessus, d'ou un ou deux gadins par personnes, pour obstacles non-anticipés, genre cailloux (le ski de Fred s'en souviendra avec une belle entaille) ou genre trous! Bon et puis faut pas trop en attendre non plus car c'est tellement pas raide que la descente se fait pas mal à coup de baton!!

Allez pour terminer, cette photo des cargneules devant la Vanoise.

Texte et photos Nico Strider,

lundi 4 février 2008

Le très chartrousain Dôme de Bellefont

La très belle crête des Hauts Plateaux de la Chartreuse, en contre-jour, depuis le Dôme de Bellefont. Telle fut l'image du jour..

Dimanche matin, 9h30. Alain, Gique, Patrick et moi somme à Saint Pierre de Chartreuse. Nous avons décidé de faire le Dôme de Bellefont par la très classique pente SW, rando sympa et assez généreuse question paysage.

Le Chamechaude, toujours aussi élégant depuis Saint Pierre, assez soufflé en zone sommitale, d'un vent de SW tel que la météo l'avait promis!

Nous gagnons l'étroit vallon de Perquelin, où l'ambiance est encore un peu au congélo. Nous partons sur la route forestière de départ, déjà bien tapissée par les traces, Gique et Alain en raquette, et Patrick et moi à ski.

Et voilà les Lances de Malissard dominant le cirque, grandiose.


Très vite la lumière vient nous cueillir pour une ambiance de forêt hivernale assez reposante et féérique de quoi se laisser flaner un peu.


Au point qu'on se trompe de passage pour le Col de la Saulce! On est obligé de prendre quelques devers pour retrouver le bon chemin en traversée.

Nous retrouvons vite le vrai col, puis la trace à flanc aux pieds des Lances, de son couloir et sa pente SW qui sont déjà skiés!

Le vent commence à se manifeste et donne un joli spectacle dans une forêt enneigé qui réagie avec éclat:

Pas de quoi avoir bien chaud, même si le soleil est bien là!

Et voilà que nous arrivons en face de la pente SW dont l'accès est précédé par un passage de traversée assez expo pour atteindre la cabanne de Bellefont

A la cabanne, nous sommes à l'aplomb du rebord occidental des Lances de Malissard, assez vertical dans sa partie urgonienne:


Après une petite pause boisson et barre, c'est parti pour cette pente classique. Mes peaux bottent et figurez-vous que je trouve le moyen de péter un de mes vieux batons en voulant débotter ma peau du ski gauche! La cata, faut montrer avec un seul baton, ça va être du sport!
C'est pas ma journée matos car j'ai aussi perdu mon bouchon d'objectif!

Il y a déjà du monde qui attaque la pente régulière et agréable bien qu'il commence à faire un peu chaud dedans, à cause des radiations.


Vers le haut c'est plus soufflé, le vent de manifeste, et soit on trouve au pied une poudreuse sans consistance, soit c'est la neige béton où les carres peinent à accrocher! Avec un seul baton pour tirer mon poid là-dedans c'est du sport. Enfin j'arrive au col, bientôt rejoint par Alain pour attaquer la crête sommitale qui est plutôt courte. Le vent est fort, par contre:


La vue sur les Lances devient superbe:

Sur la fin je n'arrive plus à me tirer avec un seul baton sur la neige béton et je finis skis à la main. Et nous voilà dans la zone sommitale, sur une antécime presque aussi haute que le sommet tout proche, où les conditions de vent ne nous permettent pas bien d'aller.


La vue, au-dessus du Grésivaudan y est très large! Bauges, Mont Blanc, Belledonne...

Mais c'est surtout celle en contre-jour sur la Dent de Crolles qui est sublime:


Gique nous rejoint bientôt, le temps de prendre une photo avec son papa:



Votre Serviteur:

Gique, alors qu'on entame la descente.

Un surfeur a la gentilesse de me préter un baton pour la pente jusqu'à la cabanne, c'est toujours sympa de voir des gens aussi agréable en montagne, je le remercie!

On croise Patrick qui finit la montée et va rester un peu de temps au sommet.

La descente de la pente fut sympa, quoiqu'un peu courte, mais c'est quand même 250m de beau ski, dans une neige un peu irrégulière, entre dur et poudre, mais assez intéressante.

Et voilà le massacre, un vrai champ de trace en seulement une heure!

Allez pause pic nic!

Juste à la descente de la cabanne, après avoir passé le dévers, un skieur se met une boîte dans la partie exposée, une chute impressionnante sans gravité, mais de quoi se faire très peur. Au final je me dis qu'il n'y avait d'hésitation à passer ce dévers à pied.

La descente dans la forêt très étroite ne fut pas du beau ski mais ça passe et l'avantage est qu'en raquette, Gique et Alain allaient aussi vite que nous, même parfois plus vite, comme ça on était pas en décalage!

Ca soufflait encore très fort, sur les contreforts de la Dent de Crolles!

Le temps de regagner la route forestière du bas devenu un vrai piste et voilà la fin d'une belle rando bien agréable!

Ce qui est très chouette de cette rando au bout du compte c'est que même s'il ne faut pas y attendre du vrai beau ski, on profite de ce cadre très chartrousain, très encadrant, ce relief aussi fracturé que très structuré, cette impression de sanctuaire. Et quelle neige aussi, ce dimanche.

Merci à Gique, Alain et Patrick,

Texte et photos Nico Strider

vendredi 1 février 2008

Haute Maurienne mon amour, le retour...!

Un mail de Visse et Manue nous invite à les rejoindre à Lanslebourg où ils ont pris quelques jours de vacances. Pas besoin de nous le dire deux fois, la simple idée de se trouver de nouveau dans le cadre enchanteur de la Haute Maurienne m’enchante, ainsi que Jo. C’est donc parti, l’objectif étant d’initier nos deux hôtes aux joies du skating sur les pistes de Bessans. C’est plat, c’est large, c’est beau, bref que demander de mieux… ?

Quand je parle de cadre enchanteur, je pèse mes mots. Voici ce que nous voyons depuis les pistes : c’est une invitation à l’émerveillement non ? Jeu de lumière sur le petit lac formant un reflet ou sur la neige vierge de toute trace en bordure le l’Arc, le spectacle est là.


Mais malgré ces petits moments de détente, nous sommes là pour bosser (non mais !). Sylvain et Manue découvrent le plaisir du skating, ses sensations de glisse, mais aussi son exigence physique. Néanmoins ce sont d’excellents « élèves », la preuve !

Mais Visse le « freerider » est incurable. Il voit une petite bosse, prend son élan et se scratche dans la poudreuse. L’occasion de nous marrer et de nous moquer un petit peu aussi, il faut bien l’avouer… ! Voici la scène : monsieur atterrit les fesses dans la neige (en haut à gauche), essaie de se relever mais n’y arrive pas donc il fait la tortue et se retourne (en haut à droite) ; vous aurez noté que sachant que nous voyons la semelle de son ski gauche, la position de celui-ci pour se relever n’est pas idéale… ! N’arrivant pas à se relever dans la poudreuse et refusant notre aide (nous rigolons bien mais restons solidaires néanmoins !), Visse entreprend de faire un peu de barbotage afin de rejoindre la piste et sa neige dure (en bas à gauche), piste qu’il atteint finalement (en bas à droite) après une bonne minute tout de même…! Les mains bien rouges (monsieur skie sans gants) et le sourire jusqu’aux oreilles, il nous regarde hilare comme un enfant qui rigole de la bêtise qu’il vient de faire !!! Sacré Sylvain…



Nous rentrons donc à Lanslebourg pour déguster une croziflette, que nous préparons avec Jo. Mais avant, nous avons le plaisir toujours intense de regarder le coucher de soleil sur le Signal du Petit Mont-Cenis (à gauche). Par la même occasion, un des quatre en profite pour siroter une petite bière, mais lequel… ?


Sylvain et Manue ne connaissent pas encore les crozets ni la recette, mais mon petit doigt me dit qu’ils en remangeront ! Avec un reblochon local, nous satisfaisons à la coutume chamoisarde consistant à partager un moment de bonheur autour d’une bonne bouffe (n’est-ce pas Alban… ?). Sylvain avait même une bouteille de Beaujolais (qu’il a essayé de fourguer sans succès à son ami guide Patrice rencontré sur les pistes…), bouteille que nous lui laissons généreusement… ! Ce n’est que pure dévotion, il n’y a pas de sous-entendu sur la qualité du liquide, pas de ça chez nous… ! La décision fut rapide après avoir eu une petite pensée pour Hydra et la réflexion qu’il aurait fait dans la même situation… ! Voici notre petit plat :

Le lendemain, toute l’équipe (photo ci-dessous, merci le retardateur !) repart sur les pistes. Avec quelques courbatures mais toujours autant d’entrain !


Nous partons cette fois-ci en direction de Bonneval, et passons au pied de la cascade de la Frête que voici (à gauche) et ce après avoir longuement admiré la Pointe de Charbonnel (à droite) :




Il nous faudra bien rentrer sur Chambéry, à notre grand regret naturellement tant ces deux journées furent formidables. Le retour à la société se fait toujours à reculons lorsque l’on revient de ce « bout du monde », mais il faut bien… ! On fait un petit coucou à la Dent Parrachée en passant, naturellement !


Merci Sylvain et merci Manue pour votre accueil toujours extrêmement chaleureux et votre éternelle bonne humeur. D’ailleurs on ne dit pas « Haute Maurienne mon amour » mais « Haute Maurienne notre amour ». Et désolé pour la souffrance physique infligée…

N’en déplaise à Laurence Parisot, en montagne et entre amis, le bonheur n’est pas précaire et n’est pas prêt de l’être… ! Pourquoi ? Parce que rien ni personne ne me fera dire autre chose que « que la montagne est belle »…