lundi 25 juin 2007

Week End alpi aux Ecrins

Par Nico Strider,

La semaine dernière, Nico Dalle en Pente m'appelle, il compte bien venir dans les Alpes. Au départ étaient projetés les domes de Miage, mais face à des bulletins météo assez hésitants sur le Nord des Alpes, on a plutôt opté pour les Ecrins où il y avait consensus sur un beau temps. Jocelyn, plutôt partant pour les Domes, nous a finalement rejoint pour les Ecrins.

Au programme, longtemps débattu, une boucle Chatelleret-Selle-Chatelleret avec deux sommets envisagés au passage : Replat et Rateau, si possible.

Nous voilà en après-midi à la Bérarde, dans les entrailles granitiques de l'Oisans, ce monde rocailleux au décor sévère et profond.
Les sacs bien chargés, nous montons au Chatelleret, dans le célèbre val des Etançons, très bucolique dans sa partie inférieur.

Nous surplombons la Bérarde, encaissé dans sa cuve.


Voilà les deux objectifs envisagés, ici dans une athmosphère orageuse:
-à gauche la Tête du Nord du Replat (avec son arête Est, que nous projetons pour demain)
-à droite le Rateau avec son arête Sud que nous projetons pour dimanche

Le Val des Etançons est à cette endroit étonnement verdoyant pour le coeur des Ecrins,
on se croirait presque dans le Beaufortain ;-) ;-)


L'élégant Dome des Ecrins, et ses flambeaux, pris au télé.


Au détour d'une courbe de la vallée, apparait la Reine de l'Oisans, j'ai nommé la Meije


Joli torrent cascadant sur la granit rose-ocre du coeur du massif des Ecrins


Image classique des Etançons


Joce devant le refuge du Chatelleret, l'objectif de cet après-midi.


C'est l'occasion de faire un peu de technique de corde pour se remettre dans le bain


Rustique le hors-sac!!! Ce soir-là on a presque tout bouffé, bon bah faudra demander la demi-pension à la Selle!!


Un joli coucher de soleil alors que nous discutons au refuge avec Ptêtbenquoui et son ami, deux
camptocampistes comme nous!! Le monde est petit et c2c est grand. Nous rigolons pas mal.

Par contre la nuit nous avons moins rigolé. Des clients arrivant le soir viennent fêter un anniversaire. C'est parti pour le vacarme toute la nuit et perso je n'ai pas pu fermer l'oeil!!
Même s'ils ont présenté leur excuse à notre petit déj à 3h (alors qu'apparemment la fête était loin d'être finie) on peut penser qu'une convivialité un peu égoiste ne vaudra jamais une convivialité respectueuse et attentive aux autres qui ont d'autres projets que les siens, mais bon, c'est comme ça, les gens étaient gentils, et ils ne se sont pas bien rendu compte. Excuse acceptée le plus gentilement possible.

Nous partons le matin dans la nuit vers le Replat, motivés. A-t-on eu la lucidité troublée par les évènements, les énervements, la brume présente ou je ne sais quoi, au niveau de verrou avant les pentes supérieures et les délaissées glaciaires de la Gandolière et du Replat, on se trompe de chemin et on se retrouve en plein dans le verrou, à jouer des mains et des pieds dans des dalles inclinées et couchées, pas fiers de cette erreur.

Nous sortons le verrou mais je trouve le moyen de passer à côté d'un ruissau gelé où mon baton de rando posé a glissé par mégarde dans le torrent. Joce, posté plus bas, le repère et apparemment il est récupérable. Je sais pertinemment que j'en ai vraiment besoin pour les descentes à venir, pour mon genou, notamment. Joce m'aide pour que je le reprenne mais alors que je le récupère, Joce glisse sur le torrent. Plus de peur que de mal, l'incident aurait pu être pire, Joce n'est pas allé loin, aidé par Nico, mais un peu trempé et surtout surpris sur le coup de l'évènement. Je m'excuse alors à Jocelyn de lui avoir demandé assistance pour le baton, j'aurai du vraiment m'en charger tout seul, cela ne concernant que moi, après tout. On décide alors sagement de ne pas se focaliser sur cet incident et de ne pas se laisser perturber par ça afin de ne pas reproduire cet erreur, le tout en se concentrant sur la course à venir, afin que l'on reste confiants envers nous-mêmes, que nous gardions la lucidité pour bien assurer la sécurité sur les deux courses prévues.


Nous arrivons au soleil sur les pentes supérieures, nous chaussons les crampons sur la neige bien regelé. Le décor devient superbe.

Une brume se dissipe progressivement dans les vallées.


La Barre des Ecrins, prise au télé...sur la photo non-comprimée, on peut
compter les nombreuses cordées dessus!!!


Nico et Joce montant les dernières pentes pour l'accès à l'arête SE de la Tête N du Replat.


La voilà justement. La cannelure d'accès à droite est en bonne partie sous la neige


Nous voilà à la première petit brèche, c'est parti pour une escalade typée montagne dans un beau granit élégant, peu soutenu et assez abrasif. Plutôt ludique dirons-nous avec parfois quelques coincements plus précis des pieds.


Le Rateau prend puissance au fur et a mesure que l'on monte


La Meije aussi est là et cette arête en est un belvédère de grande classe.


Nico et Joce à un relai. C'est le baptème de la course en rocher pour eux!! Alors ça fait quoi une belle arête de rocher version haute montagne? ;-)


Une partie plus raide.


Votre serviteur!! Sérieux affiché, voulu? j'en sais rien ;-)


Joce et Nico m'assure alors que j'approche de la moitié de la voie.


C'est la partie supérieure, plus dalleuse, moins raide, mais plus fine, je l'ai trouvé assez class'.
Nous la ferons intégralement en assurage en mouvement, vu que le terrain s'y prête.

Et nous voilà au sommet, bientôt rejoint par un chocard, service nettoyage de pelures de sauss'
La vue est grandiose!

Le Meije au télé, puissante


La tête S du Replat et la continuité Gandolière, Plaret, Soreiller, Aig plat de la Selle


Voilà notre voie de descente c'est à dire le glacier de la Selle, sa moraine et son refuge.


La descente de la Tête N du Replat nous a donné un peu de fil à retordre à cause du terrain exigu sur le haut, et pourri en bas. Disons que ce n'était pas un souci pour assurer Joce et Nico mais pour mon assurage en dernier, c'était plus complexe sur un ou deux passages ou il a fallu être astucieux ;-)

Voilà le col du Replat, un vraie brèche très élégante


Nico et Joce devant la Tête S, au col

C'est parti pour la descente! La face se descend par une pente de neige à 30-35° au milieu. C'est assez rapide mais faut faire gaffe aux ponts au milieu, plutôt bien bouchés à ce moment-là.


Il y avait pas mal de trace de coulées, ne provenant pas des séracs à proprement dit mais surtout des purges plutôt anciennes de la face au-dessus après orages


Nous voilà sur le plat glacaire, profitant des monticules de coulées.


La traversée du plat du glacier de la Selle fut très agréable. Arrivé sur la moraine nous revoyons l'objecif de la journée. Puis nous descendons sur le refuge


Le voilà justement avec son look de stations intersidéral. Le gardien et son équipe sont toujours aussi sympas. En attendant que la foule arrive (et quelle foule!!! refuge plein à craquer) nous nous reposons un peu. Nous y croisons Thom et ses amis, Pascal et Marie (cf Rocher d'Arguille, avril 2007) puis c'est l'invasion chambérienne avec un groupe du CAF.


Le cadre est grandiose. Voici la Gandolière


Nous devons dormir au refuge d'hiver, peu confortable. Nous apprenous que la brèche du Rateau passe trop dangereusement côté Etançons, alors nous commençons à refléchir à la révision de notre plan. Un re-passage par le Replat parait inévitable pour le retour.

Magnifique coucher de soleil sur le Soreiller


Puis sur le Plaret, coeur de granit, chapeau de gneiss


Perso j'ai pas dormi de la nuit, trop à l'étroit, trop de ronflements très sonores, trop froid.
Le matin, je me sens claqué de trois mauvaises nuits consécutives (dont deux où je n'ai pas fermé l'oeil) Mes cuisses souffrent du vélo des semaines précédantes et de la course d'hier. Aussi, nous devons revenir au refuge du Chatelleret pour reprendre des affaires (comme prévu) aussi cela implique qu'on doit remonter au Replat après le Rateau qui est déjà bien long, assurer la descente du col par le couloir etc...avec risque d'orage si on a perdu du temps et de neige ramollie dans une montée crevassée. Autre raison, Nico devait choper son train le soir et la marge allait être très serré. Ca sentait le gros stress tout la course et vu ma fatigue, j'ai précisé que ma lucidité risquerait d'être étamée si trop mise à l'épreuve. On a alors décidé de laisser tomber le Rateau et de revenir par le Replat, faute d'autres solutions.

Le jour se lève sur la glacier de la Selle.


Après une montée dynamique de la face nous explorons l'arête de la Tête Sud. Si le bas est joli, le haut est sans grand intérêt, en rocher de merde.

Voilà le bas de l'arête en perspective

Nous descendons le col, par ce couloir rocheux assez étroit dont les prises sont certes nombreuses mais souvent "à la con" c'est à dire avec des feuillets inverses peu confortables vers le bas. Je mouline Nico et Joce, puis je descend en libre le haut qui est facile, puis Joce m'assure du bas par un bon becquet un peu au-dessus de moi. Alors que je ravale la corde, un autre alpiniste de passage me propose de l'enlever directement du becquet, je le remercie ça m'a fait gagné pas mal de temps!!

Nous descendons efficacement les névés en-dessous

Allez c'est le temps du picnic et du lovage de corde!

Une légère dégradation orageuse arrive très vite, finalement nous avons bien fait aussi de faire un truc moins long question météo. Nous évitons bien sur le fameux verrou "à la con" et la descente fut de toute façon ultra-caillouteuse ;-)


La Meije en beauté...
Les éclairies et les nuages sombres s'alternent très rapidement.


Joce récupère ses vêtements au refuge. C'est parti pour une descente tranquille du vallon des Etançons, avec pluies et soleil s'alternant dans une ambiance ventée.


Ha ça c'est l'inévitable passage à la Cordée de Saint-Christophe, lieu historique s'il en est un!!

Voilà pour ce WE, avec un bilan certes imparfait, avec les problèmes logistiques, l'incident sur le ruisseau du verrou, les mauvaises nuits, mais aussi très positif car dans des paysages superbes, Joce et Nico ont revu beaucoup de choses en alpi, perso j'ai retrouvé les Ecrins de mon stage en 2000 à la Bérarde, je crois que l'on peut être très satisfait au bout du compte et je remercie Nico et Joce pour leur venue, leur confiance et d'être tout simplement vraiment sympas et communicatifs!!

txt et photos Nico Strider,

mercredi 13 juin 2007

Aux abords du Thabor

Par Sylvain Visse et Manue,

Pour ce WE rando, le cahier des charges était précis : il s'agissait d'aller marcher dans la neige, avec pour maître mot le plaisir, c'est à dire sans souffrance et avec un étalon-risques objectifs proche de 0 !!
Pour cela, le Mont Thabor semblait tout trouvé. J'aime beaucoup ce massif, car il est très ouvert et riant :


Toutefois, quelques beaux sommets individualisés crèvent l'écran:
de g à d le Mont Thabor (3178m), le Pic du Thabor (3207m) et le Cheval Blanc (3020m).

Avant le refuge, nous arrivons au col de la Vallée Etroite:
celui-ci ouvre sur une curiosité territoriale, puisque ce vallon a été annexé à la France après la 2eme guerre, mais il est dans les faits totalement italien, jusque dans le réseau de télécommunications !!


Arrivé au refuge, je prétexte un début de phlébite pour continuer de monter à ce petit sommet (2763m)

De là j'ai une belle vue sur le lac Rond:

ainsi que sur la gendarmerie du Grand Seru (2900m):

Sans oublier la "spéciale pour Strider" ;-) avec au loin la pointe de l'Echelle et la Parrachée.



Le Cheval Blanc se mire dans le lac Rond:

Au petit matin, c'est parti, direction le Mont Thabor, qui ne constitue en fait qu'un vague objectif, car on sait qu'on va brasser du potage avec cette douceur, et pour Manue, ce n'est que la 2eme "rando-neige" !!
Un p'tit coucou au charmant refuge, dominé par le Cheval Blanc, en érection "quartztitanesque"


La montée se passe sur une bonne sente jusqu'aux pentes terminales enneigées à partir de 2900m.

D'ailleurs, le Mont Thabor se prête très bien à l'initiation de la marche sur neige, car ses pentes sont très douces et régulières : on dirait qu'il s'est couché exprès pour permettre au simple randonneur de franchir la barre symbolique des 3000m.

Finalement, la neige enfonce moins que prévu. Il faut dire que j'appuie bien mes pas et je trace comme ça un véritable escalator digne du centre commercial de la Part-Dieu !!

La chapelle du sommet est en vue :


Finalement, on arrive à un col juste sous le sommet


Manue a vraiment besoin de faire une bonne pause, mais le problème c'est que des gros choux-fleurs ascendants bourgeonnent sur les sommets alentours et commencent à s'amonceler. Or une descente sous l'orage serait évidemment dommageable pour la notion de "plaisir" qu'on s'est fixé. Il faut garder notre marge-météo intacte !! Donc, là c'est le moment pour ma part de prendre le ton viril de la décision déterminée : "bon, ben si tu préfère on descend,...., enfin c'est toi qui voit,....quoi...!!"
Du coup, on entame la descente et, ironie toute montagnarde, tous les gros choux-fleurs se disloquent peu à peu et c'est le retour d'un temps indéniablement stable pour la journée.

Manue à la descente

-C'est chiant la descente dans la neige !!
-Tu veux qu'on remonte ??
-Non, non, non !
Bon le reste se passe sans encombre, sous l'oeil bienveillant de l'adjudant Giraffe:


Avec bien sûr une petite pensée pour tous ceux qui bossent leur mémoire ;-)

dimanche 10 juin 2007

Vélo au Cormet de Roselend

source baladeevasion.free.fr

Par Nico Strider,

Le Cormet de Roselend, un grand col alpin, classique parmi les classiques du vélo de route alpin. Puisque je ne peux libérer qu'une journée ce WE, autant y mettre un peu d'enjeux et profiter d'un bon entrainement cyclistique des jours précédents (notamment le col du Granier par Apremont) Du coup vendredi soir c'est décidé, samedi matin je prend le train de 6h20 avec mon vélo et à 7hO7 me voilà à Albertville. Il fait beau, c'est la fraîcheur du matin, c'est parfait pour démarrer, le Mont Charvin est en ligne de mire.

La montée à Beaufort est relativement facile. Elle s'est déroulé en bonne partie dans l'ombre, avec quelques lumières rasantes sur les forêts et les belles landes...en vélo on entre progressivement dans ce cadre bucolique et encaissé du Beaufortain. Je double un groupe de sénior à la première montée, sympas, ils me charrient, moi le p'tit jeune. L'ambiance est calme, les voitures, rares.

Emile Taillefer www.villagesdefrance.free.fr

Et me voilà à Beaufort, je passe devant sa célèbre coopérative laitière, ses superbes ponts fleuris sur le Doron, son clocher massif et puissant. Il est à peine 8h, la bourgade est encore plongée dans l'ombre (contrairement à l'image ici), l'ambiance est fraîche, tout est calme.

Allez c'est parti pour le "crux" de la sortie vélo, le Cormet de Roselend, un col parmi les plus esthétiques des grands cols alpins, étant très peu équipé.

Voilà ce qui m'attend (pour l'instant ;-) ):
les deux schémas source http://www.cyclos-cyclotes.org/cormet.html

Traduction : une montée d'abord dans la gorge d'entreroche, puis la grande pente forestière d'accès au col du Méraillet, principale difficulté du Cormet, puis une traversée autour du lac de Roselend, un verrou rocheux à passer et c'est les prairies finales avant le Cormet.

C'est parti! La montée dans la gorge traduit une rupture par rapport à avant, la route devient bien plus raide et sinueuse. L'ambiance est prenante : personne sur la route, et le qualificatif d' "entre roches" est clairement justifié, d'autant plus que ces beaux gneiss reçoivent leur premiers rayons, dans une couleur verdâtre.

A la fin de la gorge, me voilà inondé de lumière, au niveau de 2 virages. La rosée est très forte, elle miroite la lumière qui devient aveuglante, la végétation explose d'odeurs camphrées.

Après une traversée de nouveau me voilà face à la grande pente forestière du Méraillet : elle fait 600m de haut et 7 virages. Autant dire, de grandes lignes droites remontantes, plutôt sportives.

Mais voilà je suis en forme et je démarre à rythme soutenu, je ne souffre pas de temps mort, ma respiration est poussée mais harmonieuse, je maitrise l'effort. Le bon braquet fut d'ailleurs facile à trouver et presque inchangé. Je suis à l'aise à tel point que je dépasse largement deux cyclistes durant cette belle montée très homogène face à la superbe cascade venant de la montagne d'Outray. Je retrouve la lumière en arrivant au col du Méraillet.

Et là c'est le spectacle. Dommage que je n'ai pas de sac et d'appareil photo (sans quoi je n'aurai pas monté avec le même panache) Voilà le grand lac bleu du Roselend. On traverse à flanc au milieu des prairies face à ce belvédère bucolique et diversifié. Au fond, les contreforts calcaires autour du Cormet. La route est alors assez facile et reposante, vivifiante. Toujours pas de circulation. Le bonheur. Je passe comme un éclair devant la Chapelle du Roselend:

photo Christiane Pichard

Et maintenant il reste la montée du verrou, le "crux" final, visible sur cette photo:

source www.supphoto.net

La montée, facile au début, finit à 8 % puis un court passage à 9-10 juste à la sortie du verrou. On grimpe sous une barre calcaro-marneuse, avec une cascade assez élégante. Cette montée est plus facile psychologiquement qu'une montée en forêt, du fait de l'ouverture et de l'évolution du paysage. Aucun vent ne vient troubler la fête. Je tire un peu plus pour sortir les derniers mètres, choississant la danseuse sans quoi je finis par perdre de la force d'inertie et donc de la vitesse.

Me voici à un nouveau plan, celui de la Lai, avec un refuge CAF ; reste encore la montée finale dans les prairies, entre les torrents, furieux ce matin. Je fais un petit clin d'oeil au Mont Blanc, qui apparait en flash, puis dans le dernier virage où je ne perd pas de mon panache, j'embrasse du regard les hauteurs enneigées de l'aiguille du Grand Fond.

Et me voilà sur le plateau sommital. Oups, un troupeau de vache : c'est le jour de la montée en alpage!!! Les tarines sont vigoureuses et motivées.



source wikipedia

Victoire!!

Me voilà devant le panneau du col, purement et simplement heureux d'être là, dans un décor si bucolique et si calme, 2h25 après le départ d'Albertville. Et un nouveau col alpin de fait, et finalement sans grande difficulté pour le cycliste chambérien, en général bien aguerri par les reliefs autour de Chambé et ses raides routes. Autant faire durer le bonheur alors. Pourquoi ne pas descendre sur Bourg St Maurice et faire le tour? Justement je suis rejoins par deux cyclistes montés côté Bourg St Maurice. Super sympas, on discute entre cyclistes de montagne, comme en tant qu'alpinistes en haute montagne, c'est la même chose, en fait.

Ma décision est prise : c'est parti pour la vallée des Glaciers.


La descente est purement euphorisante. De quoi s'éclater en vélo dans ces superbes virages, entre les prairies et les grandes pentes. L'air est d'une pureté énorme. Et voilà en clin d'oeil le massif du Mont Blanc, et l'aiguille des Glaciers, de l'autre côté la Sassière. J'avance tellement bien en terme de gestion de la vitesse que je double largement un camping-car (la hantise du cycliste) Et me voilà dans le décor minéral grandiose et puissant de la vallée des Glaciers:

source geol-alp M.Gidon


La suite de la descente sur BSM fut tout aussi belle, face au Mont Pourri, s'extirpant des nuages. La seule difficulté : croiser tous les troupeaux qui montent en alpage sur la route, et éviter d'éclabousser les bouses en descente sous peine de ramasser!!!

Et me voilà trop rapidement à Bourg St Maurice. Il fait déjà plus chaud. L'ambiance change littéralement, l'espace est nettement plus urbanisé, tellement moins bucolique.
Mon erreur à ce moment-là est de ne pas avoir pris le train pour Chambéry à Bourg. En effet, j'ai pensé descendre la Tarentaise en vélo jusqu'Albertville. Cette descente fut des plus pénibles. Fortes circulations, passage d'un tunnel bruyant et noir de 1,8km de long (que j'ai voulu éviter par une route en cul de sac soit 80m de dénivelée à 10% pour rien) et surtout beaucoup de vent. A Moutiers je cherche la route pour Albertville et je perds du temps alors qu'il me reste qu'un peu plus d' une heure-vingt pour avoir le train de 12h48 à Albertville (sinon après c'est bien plus tard!!), ça sent la course contre la montre.

Après Moutiers sur les petites routes, la circulation est moindre, mais le vent (brise de vallée) souffle en rafale de 50-60km/h. La route normale évitant la quatre voie est très longue (plus de 30km) en faisant des montées et descentes fastidieuses, passant pendant un moment devant des usines puantes à la Léchère. Vers la fin c'est plus bucolique mais n'ayant pas eu d'eau pendant 30min avant faute de point de ravitaillement, plus de barres de céréales, et le vent redoublant, la souffrance et l'épuisement commence à apparaître dans les derniers km de contre-la-montre et la marge va être très serrée... après 110km et plus de 1800m de dénivelée positif je dois malgré tout aller au plus vite. Je m'accroche comme je peux, je sais que je ne dois pas m'arrêter sinon je rate le train et surtout j'aurai du mal à repartir.

En hypoglycémie en vélo, face à un vent en rafale qui t'étourdit, le décor commence à devenir un peu trouble, on ne sent plus très bien ses gestes. Mais voilà que je passe le panneau "Albertville" je n'en crois pas mes yeux, est-ce la fin?

Finalement j'ai pu prendre le train, avec plus de 5mn de marge, j'ai même eu le temps de prendre un peu de bouffe et de soda au distributeur. Re-victoire et finalement une victoire paradoxalement plus difficile que celle du Cormet qui a été avant-tout un plaisir. En tout cas cette excursion en vélo m'a rééquilibré quelques jours avant ma soutenance de Master1, me donnant le panache nécessaire. Et puis quel bonheur ce col!

mardi 5 juin 2007

Cueillette calcaire au col des Prés

Parti rejoindre Johanne et Nico Annapurna à Chambé ce dimanche en début d'après-midi, la météo exceptionnellement clémente pour un WE nous a permis de s'adonner à une session de grimpouille dans un joli petit site bauju, avant le col des Prés.


Voici les protagonistes : de g àd Manue, moi-meme, Johanne et Nico. Manque plus que Strider, qui est en train de faire fumer le bitume en vélo !!

Pour nous (Manue et moi) qui débutons l'escalade, c'est un vrai bonheur que de tâter du calcaire : c'est beaucoup plus franc et amusant avec ces multiples prises improbable dans des trous.




Manue a fait péter ses performances personnelles





Bon, pour Johanne et Nico, ça relève d'un simple "footing vertical"





Johanne à l'assurage






Strider arrive après 900m de dénivelé positif en vélo : étirements obligatoires ;-)




Et voilà, 2 facettes de ma gestuelle :

tout d'abord le style "BTP"



et le style "polka avec la roche"





Après avoir croisé Alban et sa family qui rentraient également d'une journée-grimpe, nous avons pris soin de nous délecter d'un remontant bien mérité






Enfin, autres temps, autres moeurs, voici l'illustration de la condition masculine moderne :-)



En tout cas une super journée !! Nous sommes rentrés sur Lyon enchantés !!

Merci à Johanne et Nico pour leur accueil chaleureux et pour nous avoir fait découvrir les joies du calcaire !!

Décidément, entre escalade, skirando et alpi, ma présence à Chambé me pose toujours une grosse banane au milieu de la figure !!

On reviendra ;-)


Par Sylvain Visse,